Métro-Richelieu - Landry n'a rien à voir avec l'embauche de Duhaime

Le premier ministre Bernard Landry a nié catégoriquement hier que son entourage ait recommandé aux marchands Métro-Richelieu l'embauche d'Yves Duhaime à titre d'intermédiaire auprès du gouvernement alors que M. Landry était ministre d'État à l'Économie et aux Finances dans le cabinet de Lucien Bouchard.

À l'Assemblée nationale, Bernard Landry s'est dit «dégoûté» d'un article de La Presse qui soutient que Carl Cloutier, alors membre de son cabinet, ait encouragé, fin 2000, le Regroupement des marchands Métro-Richelieu à recourir aux services du consultant Yves Duhaime, ex-ministre du gouvernement péquiste et ami intime du premier ministre. Se disant «stupéfait» du traitement fait par La Presse, M. Landry a indiqué qu'il avait rencontré les représentants des marchands à cinq reprises, à leur seule demande, sans intermédiaire.


Maintenant fonctionnaire à la SEPAQ, Carl Cloutier a formellement nié hier avoir recommandé les services de M. Duhaime aux marchands Métro-Richelieu ou vanté ses mérites dans tout autre dossier. Le marchand Florent Gravel, vice-président de l'Association des détaillants en alimentation (ADA), qui, selon La Presse, aurait entendu, lors d'une conversation téléphonique, M. Cloutier recommander M. Duhaime, a démenti cette information. «C'est complètement faux. Carl Cloutier ne nous a jamais parlé d'Yves Duhaime. C'est moi qui ai recommandé l'embauche de M. Duhaime», a dit M. Gravel.


On se souviendra qu'en 2000, la direction de Métro et son président, Pierre H. Lessard, étaient à couteaux tirés avec les marchands et actionnaires de la chaîne d'alimentation. M. Lessard avait des visées sur le contrôle de l'entreprise et cherchait à diminuer l'influence des marchands au sein du conseil d'administration de Métro. L'assemblée annuelle de janvier 2001 a donné lieu à une bataille pour obtenir les procurations des actionnaires. Dans cette partie de bras de fer, la direction de la chaîne a eu raison des marchands.


M. Landry a indiqué hier qu'il avait rencontré les représentants des marchands accompagnés de M. Duhaime à une occasion, tout comme il a rencontré Pierre H. Lessard avec l'avocat de Métro, Bernard Roy.


Joint hier, Yves Duhaime a indiqué qu'il avait obtenu un mandat des marchands Métro-Richelieu qui s'est étendu de décembre 2000 à juin 2001, soit une durée de sept mois et non de deux mois, comme l'affirme le quotidien de la rue Saint-Jacques.


M. Duhaime a été engagé pour mener cette bataille des procurations au côté des avocats des marchands, le cabinet Heenan Blaikie. Contrairement à ce que La Presse affirme, le consultant a eu plusieurs contacts avec ce bureau d'avocats pendant cette période, a-t-il dit. Son mandat consistait aussi à empêcher que le contrôle de Métro ne passe à l'étranger et à trouver un partenaire pour appuyer les marchands, a précisé M. Duhaime.


En janvier 2002, Yves Duhaime a accepté la présidence du conseil d'administration du journal Le Devoir, une fonction pour laquelle il ne reçoit aucune rémunération. «Le Devoir écrira ce qu'il voudra», a-t-il tenu à préciser. «Je ne veux pas que Le Devoir prenne parti dans cette affaire.» À cet égard, Le Devoir ne fait que rapporter les faits qu'il juge pertinents.