L'ADQ réclame une enquête sur des dépenses qu'elle juge partisanes

Québec — L'Action démocratique du Québec a déposé une plainte, hier, auprès du Directeur général des élections (DGE) pour accuser le gouvernement Landry d'avoir enfreint la loi en demandant à la fonction publique d'évaluer les conséquences du programme adéquiste s'il était appliqué.

Dans une demande d'avis et d'enquête signée par le président de la Commission juridique de l'ADQ, Marc-André Gravel, le parti de Mario Dumont estime que le gouvernement Landry a contrevenu aux principes de l'égalité des partis face à l'État et de l'accès à ses ressources, de l'impartialité de la fonction publique et du contrôle des contributions électorales.

Les fonctionnaires du ministère de la Famille et de l'Enfance ont fait une analyse des coûts de la politique des bons de garde contenue dans le programme de l'ADQ. Selon cette évaluation, cet engagement coûterait 1,3 milliard de plus que la politique de garderies à 5 $ mise en oeuvre par le gouvernement actuel. De son côté, le ministère de la Santé et des Services sociaux a évalué à 46 millions seulement les économies réalisées par la médecine à deux vitesses que préconise l'ADQ. Le ministère de l'Éducation s'est également penché sur la menace que représenteraient les bons d'éducation pour la survie des écoles de village.

Le ministère de Finances a étudié les conséquences de l'impôt à taux unique défendu par l'ADQ. Mais il a également analysé le cadre financier sur lequel est basée la plate-forme électorale du Parti libéral, a-t-on indiqué au cabinet de Mme Marois.

La semaine dernière à l'Assemblée nationale, le premier ministre Bernard Landry a affirmé que son gouvernement allait utiliser «tous les moyens intellectuels disponibles» pour déboulonner les propositions «rétrogrades» de l'ADQ. Le président du Conseil du trésor, Joseph Facal, a souligné, pour sa part, que le rôle des fonctionnaires était, entre autres, de fournir des informations objectives sur toutes les hypothèses qui font partie du débat public, y compris les engagements de l'ADQ.

Mais, pour l'ADQ, lorsque que le parti politique au pouvoir utilise les ressources de l'État pour dénigrer le programme politique d'un autre parti, il se trouve à obtenir un avantage que les autres formations n'ont pas.

«À notre connaissance, aucun parti politique n'avait, par le passé, affirmé avec autant de conviction qu'il était légitime pour le parti gouvernemental de recourir aux ressources de l'État à des fins militantes», écrit l'ADQ.