Dumont fait campagne dans Charlevoix

Québec — Le chef adéquiste, Mario Dumont, a fait campagne hier dans Charlevoix, où tente de se faire élire Pauline Marois, faisant fi d'une tradition voulant qu'un chef de parti évite de s'opposer à un autre chef dans sa circonscription.

M. Dumont a visité deux entreprises liées à l'industrie forestière à Saint-Hilarion et à Beaupré, en compagnie du candidat adéquiste de Charlevoix, Conrad Harvey.

Interrogé sur la tradition de non-opposition à un autre chef, l'adéquiste réplique qu'en 1985, lorsque Robert Bourassa s'est fait élire dans Bertrand, le premier ministre péquiste René Lévesque s'était rendu dans la circonscription, en compagnie de Pauline Marois.

«Non seulement elle ne l'avait pas dénoncé [son chef Lévesque], mais elle l'avait accompagné. Alors, ses airs offensés d'aujourd'hui sont un peu du théâtre», a affirmé M. Dumont.

Il ne se dit pas indisposé par les critiques que soulève sa visite, précisant qu'il a toujours appuyé ses candidats sur le terrain, dans le cadre d'élections complémentaires.

Pour sa part, la chef péquiste réplique que la présence de Mario Dumont dans Charlevoix est loin de la scandaliser.

«Je n'ai jamais été offusquée, pas du tout. C'est à M. Dumont de prendre ses décisions. Je n'ai fait aucun commentaire négatif sur son passage», a insisté Mme Marois.

Elle soutient suivre un plan de campagne, sans égard au comportement du chef adéquiste.

«Peu importe que M. Dumont soit là ou pas, c'est à moi d'aller chercher la confiance des électeurs. Je dois faire la démonstration que je peux être une bonne députée et que mon parti a la capacité de porter leurs préoccupations», a-t-elle poursuivi.

Le premier ministre Jean Charest a pour sa part décoché des flèches à l'endroit de Mario Dumont quant au choix du candidat adéquiste dans la circonscription de Charlevoix. Il accuse M. Dumont d'opportunisme en présentant dans ce comté un candidat «souverainiste avoué».

«Conrad Harvey, le candidat de l'ADQ, c'est un souverainiste avoué, un indépendantiste avoué qui se présente pour l'ADQ», a dit M. Charest alors qu'il visitait une école primaire à Sherbrooke.

«Ça, c'est typique de M. Dumont et de l'ADQ. Là où ils pensent que la souveraineté a la faveur, ils présentent des candidats qui sont souverainistes», a-t-il ajouté.