Inondations en Gaspésie - Charest promet de débloquer toute l'aide nécessaire

Alors que la région de Rivière-au-Renard, en Gaspésie, se remet tant bien que mal des pluies diluviennes et meurtrières qui l'ont frappée cette semaine, le premier ministre Jean Charest a promis hier que Québec débloquerait rapidement toute l'aide nécessaire aux sinistrés.

«On sera là à chaque étape pour donner un coup de main», a-t-il ajouté au cours d'un point de presse tenu dans la région, quelques minutes après avoir survolé les zones inondées. M. Charest a aussi assuré que, si cette «situation exceptionnelle» l'imposait, il n'hésiterait pas à faire appel aux Forces armées canadiennes pour venir en aide aux autorités déjà à pied d'oeuvre.

Arrêt ministériel

Déjà, le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, a signé un arrêté ministériel pour débloquer une aide d'urgence pour les municipalités touchées et leurs résidants. En conférence de presse, il a précisé que les programmes d'aide mis en place permettraient d'obtenir des compensations du gouvernement pour les dommages non assurables aux résidences et aux biens essentiels.

Le village de Rivière-au-Renard, en partie dévasté par les inondations, aura aussi droit à l'aide de Québec. À Gaspé, où le maire François Roussy a décrété l'état d'urgence, les dommages causés aux infrastructures et aux propriétés privées se chiffreraient pour leur part à plusieurs dizaines de millions de dollars, selon une évaluation préliminaire.

Un bureau d'aide financière doit par ailleurs être ouvert dès ce matin et un représentant de la sécurité civile a assuré que des sommes seraient disponibles pour les sinistrés dès ce moment.

Une réunion d'information a aussi eu lieu dès hier soir avec les autorités afin de faire connaître aux sinistrés les programmes d'aide à leur disposition. Des services psychologiques seront notamment offerts aux personnes touchées par ces événements, a-t-on souligné hier.

Les autorités ont en outre indiqué que tous les liens routiers de la péninsule gaspésienne étaient désormais rétablis mais qu'il restait toujours une trentaine d'abonnés d'Hydro-Québec privés d'électricité. Le tout devait rentrer dans l'ordre hier soir ou au cours de la nuit.

Vie fauchée

Au-delà des dégâts matériels, les événements ont surtout coûté la vie à un homme de 78 ans, alors que sa conjointe est portée disparue depuis que leur maison mobile a été emportée à la suite du débordement de la rivière Morris, au coeur du secteur urbain de Rivière-au-Renard. Des plongeurs de la Sûreté du Québec ont tenté, en vain, de retrouver la femme hier. «Tous les efforts sont faits pour que nous puissions trouver le corps» de la femme portée disparue, a toutefois assuré Jean Charest.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, selon Environnement Canada, il est tombé jusqu'à 115 millimètres de pluie en 10 heures par endroits. La quantité d'eau tombée a largement dépassé celle qui s'était abattue lors du déluge du Saguenay, à l'été 1996.

200 personnes évacuées

En tout, quelque 200 personnes ont dû être évacuées de leurs résidences et trouver refuge ailleurs, dont une cinquantaine dans des centres d'hébergement d'urgence. Le caractère soudain de la crue ne faisait aucun doute, selon ce qu'ont raconté les personnes évacuées. Dans certains cas, en l'espace de quelques minutes, les sous-sols se sont remplis complètement d'eau, surprenant les résidants en pleine nuit.

Des pluies majeures ne sont pas exceptionnelles à Gaspé. Au cours de la seule année 1980, Environnement Canada avait enregistré 252 millimètres de pluie les 24 et 25 juin, 150 millimètres le 6 juillet et 71 millimètres le 15 août.
1 commentaire
  • Roland Berger - Inscrit 11 août 2007 07 h 52

    Pas d'entente au Conseil de la fédération

    Pas plus tard qu'hier, le Conseil de la fédération fondée par Jean Charest n'arrivait pas à accoucher d'une entente sur un combat pancanadien contre les changements climatiques. Heureusement que le fédéral enverra des soldats canadiens pour aider les pauvres gens de Rivière-au-Renard. La logique, c'est comme la démocratie. Trop c'est comme pas assez, semblent penser nos politiciens.
    Roland Berger
    London, Ontario