Québec - Les Fêtes du 400e préparent une grande série de conférences au Palais Montcalm en 2008

Québec — Les Fêtes du 400e ont demandé à 14 récipiendaires de l'Ordre du Québec de présenter en 2008 une conférence sur le personnage de notre histoire collective qui les a le plus marqués. En découle une série aussi étonnante que porteuse de sens.

Il y en aura pour tous les goûts lors de cette série, baptisée «Les Grands d'aujourd'hui racontent ceux d'hier». Histoire d'honorer le lieu où se dérouleront les conférences, on commencera dès le 8 octobre prochain en compagnie du chanteur Joseph-Alfred Rouleau, qui parlera de celui qui a inauguré le Palais Montcalm en 1932: Raoul Jobin.

Certains choix sont plus attendus que d'autres. Ainsi, personne ne s'étonnera de voir Claude Béland évoquer la mémoire d'Alphonse Desjardins. Même chose pour Mgr Maurice Couture, à propos de François de Laval, et Madeleine Arbour, concernant Paul-Émile Borduas.

Le programme n'est toutefois pas exempt de surprises. Comme cette conférence de Guy Laliberté sur René Lévesque qui, en 1984, a donné un coup de pouce déterminant au Cirque du Soleil. À noter que l'auteur de l'Histoire de la Gaspésie, Jules Bélanger, sera aussi de la soirée.

Belle surprise aussi que cet exposé de Jean-Claude Poitras sur la comédienne Denise Pelletier. Présent à la conférence de presse hier, le designer a expliqué qu'il avait une fascination pour le personnage depuis l'enfance. «Elle m'a aussi inspiré dans mon travail. Durant mes études, j'ai même conçu des costumes en espérant qu'elle les porterait. Elle avait un style extraordinaire!» À la suite de l'entretien, M. Poitras songeait d'ailleurs à ressortir ses croquis pour l'occasion. Tout semble possible, puisqu'on nous a dit qu'une mise en scène d'époque accompagnerait les récits avec ambiance musicale, comédiens et décors si nécessaire.

Qui a vraiment fondé Québec?

Également dans le domaine des arts, Albert Millaire viendra évoquer Pierre Le Moyne d'Iberville, cet explorateur qu'il a incarné dans une série télévisée à la fin des années 1960.

Les conférences couvrent aussi la science (Gisèle Lamoureux raconte le frère Marie-Victorin et Michel Chrétien raconte Félix d'Hérelle), les bonnes oeuvres (soeur Nicole Fournier raconte Marguerite d'Youville, Yves Morin et Louis Dionne racontent Catherine de Saint-Augustin et Michel Sarrazin) et le sport (L. Jean Fournier raconte Maurice Richard).

Même si les Fêtes sont financées par des fonds publics déjà à une hauteur importante (90 millions $), les conférences ne seront pas gratuites. Il faudra monnayer l'équivalent d'une entrée au cinéma (12 $) pour y assister. Interrogé à ce sujet, le président des Fêtes a semblé mal à l'aise. «C'est certain que le défi de l'accessibilité est important. Nous avons un certain nombre d'événements gratuits, d'autres pas.» Par la suite, le responsable des communications de la Commission de la capitale nationale, Denis Angers, a fait valoir que, lorsque c'est gratuit, «les gens s'abonnent mais ne viennent pas» et «pensent que ça ne vaut rien».

La série de conférences sera assortie d'un autre événement à caractère historique en 2008, soit des spectacles historiques dans les arrondissements, au cours desquels Champlain et celui qui le finançait (Pierre Dugua de Mons) débattront pour savoir qui des deux est le véritable fondateur de Québec. Les deux événements conjugués solliciteront 350 000 $ du budget du 400e anniversaire de Québec.
1 commentaire
  • Monique Desy Proulx - Abonnée 13 juin 2007 01 h 11

    Formidable !

    Ah ! J'ai quitté Québec en 1989 et, depuis, je vois la ville de mon enfance se développer de belle façon, grâce entre autres à l'impulsion que lui a donnée Jean-Paul L'Allier. Je vois qu'à Québec on a corrigé plusieurs erreurs des années soixante et soixante-dix, cette époque où l'on démolissait le passé pour saluer la modernité, où l'on sacrifiait nos forces vives à la déesse voiture. Aujourd'hui, j'entends parler de cette série de conférences extraordinaires qui souligneront 400 ans d'histoire : quelle bonne idée ! Ça me donne envie d'y être, plutôt que d'assister ici, impuissante, à la paralysie de Montréal, à la morosité de ses dirigeants qui ne semblent pas avoir été là le jour où l'on a distribué l'imagination !