Brigitte Pelletier remplace Claude H. Roy - Landry admet avoir cédé à la pression

Québec — Le premier ministre Bernard Landry a annoncé, hier, le remplacement de son chef de cabinet démissionnaire Claude H. Roy par la directrice adjointe Brigitte Pelletier.

Au cours d'un point de presse à l'entrée de la réunion hebdomadaire du caucus des députés du Parti québécois, Bernard Landry a reconnu avoir cédé à la pression de plusieurs de ses ministres qui déploraient les piètres rapports qu'il entretenaient avec M. Roy, un vieil ami de M. Landry que ce dernier avait appelé à diriger son cabinet en avril 2001. Ces ministres mécontents lui ont rendu service, a-t-il soutenu. Ils jugeaient les relations avec M. Roy «cahoteuses» et «ils se trouvaient entravés dans leur esprit de collaboration avec moi», a précisé M. Landry.

«Brasser le personnel, c'est comme dans une entreprise privée. Ça amène un dynamisme nouveau, de nouvelles idées», a avancé M. Landry. Il ne voit pas dans ces changements une illustration du manque de stabilité de son gouvernement mais plutôt un «épiphénomène» qui ne saurait occulter ses réalisations. Sur les erreurs que le manque de doigté de M. Roy a pu lui faire commettre — on pense notamment aux démissions fracassantes de ministres qui ont fait mal paraître le gouvernement Landry —, le premier ministre a dit que c'était là une responsabilité qu'il partageait avec son chef de cabinet.

Avant de se joindre au cabinet de M. Landry il y a deux ans, Brigitte Pelletier fut directrice de cabinet du ministre Paul Bégin à la Justice et à l'Environnement. Âgée de 39 ans, Mme Pelletier devient la deuxième femme nommée à la tête d'un cabinet de premier ministre au Québec, la première étant Martine Tremblay avec René Lévesque.

Le conseiller sur les questions économiques, Denis Hardy, devient adjoint de la directrice de cabinet. Le vétéran André Bellerose, qui s'occupait des régions, se retrouve conseiller stratégique à l'approche de la campagne électorale. Harold Lebel le remplace aux régions tandis que le jeune Éric Côté, chargé de la période des questions, assumera en plus la responsabilité des dossiers sociaux.

Le directeur des communications, Jacques Wilkins, que le quotidien Le Soleil voyait partir, reste et hérite en plus de la gestion de plan d'action gouvernemental.

Pour le chef de l'opposition officielle, Jean Charest, la démission de Claude H. Roy est un signe de l'instabilité de gouvernement et de son improvisation. Le chef libéral a dit qu'il s'était bien entendu avec lui. «Être chef de cabinet, peu importe l'endroit où vous vous trouvez, ce n'est pas facile», a-t-il dit. M. Charest a laissé savoir qu'il ne s'opposera pas à ce M. Roy soit nommé à un poste important au sein d'une société d'État.

Rappelons que le premier ministre Lucien Bouchard avait accepté que Ronald Poupart, le chef de cabinet de Jean Charest, lors de son embauche en août 2000, touche le même salaire qu'il touchait comme sous-ministre, sa fonction précédente. En vertu d'un décret, le Conseil exécutif versait donc quelque 18 000 $ des 121 000 $ qu'il recevait, soit la différence entre le salaire d'un chef de cabinet de l'opposition officielle et celui d'un sous-ministre.

Le chef de l'Action démocratique, Mario Dumont, a de son côté indiqué que la démission de M. Roy ne serait pas un cheval de bataille pour son parti. «Le personnel politique écope souvent quand ça va mal, mais ce n'est pas sur les malheurs des autres qu'on veut gagner les élections», a-t-il déclaré.

M. Dumont a poursuivi en disant qu'«il y a un sens de la direction qui n'est pas très présent à l'heure actuelle et ça se reflète dans les difficultés du gouvernement. Le problème, c'est qu'ils se maintiennent au pouvoir sans savoir quoi faire.»

Avec la Presse Canadienne