Rapport de la commission Romanow - La santé appartient aux provinces, dit Charest

Québec — Le chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest, s'oppose fermement à la création par Ottawa d'une agence pancanadienne de surveillance des soins de santé comme s'apprêterait à le recommander Roy Romanow dans son rapport attendu demain.

Au cours d'une conférence de presse, Jean Charest s'est dit prêt à résister à toute intrusion du gouvernement fédéral dans l'administration, la gestion et l'organisation du système de santé québécois, compétence exclusive de l'Assemblée nationale du Québec, y compris la création d'une agence fédérale de surveillance des services de santé.

«On n'a pas besoin de ça au Québec, a dit M. Charest. L'institut de surveillance qu'on a, qu'ont les Québécois, c'est l'Assemblée nationale du Québec.» Dans son édition d'hier, le quotidien torontois The Globe and Mail affirmait que le rapport Romanow recommandera la création d'une agence fédérale de surveillance («watchdog») pour s'assurer de la qualité des soins de santé partout au Canada. L'agence aura également le mandat de garantir que les sommes consacrées aux systèmes publics de santé soient dépensées de façon responsable. Le rapport de la commission Romanow reprendrait ainsi une recommandation de l'Association médicale canadienne.

Tout comme le gouvernement péquiste, l'opposition officielle refuse qu'Ottawa impose des conditions empiétant sur les compétences du Québec en contrepartie d'un rehaussement du financement fédéral dans la santé. Pour contrer les empiétements possibles de la part d'Ottawa, M. Charest mise sur un front commun des provinces. «Au lieu de faire une séance de "déchirage" de chemises, qu'on se concerte le plus rapidement possible avec les autres gouvernements [provinciaux] pour faire front commun face au gouvernement fédéral», a-t-il proposé. Le chef libéral a rappelé que la commission Romanow n'accouchera que de recommandations mais que tout se jouera lors de la conférence fédérale-provinciale des premiers ministres en janvier, quand Jean Chrétien dévoilera les positions de son gouvernement en matière de financement de la santé.