Le MTQ n'envisage aucune démolition de ponts routiers

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a catégoriquement nié hier des informations voulant que 15 ponts routiers similaires au viaduc de la Concorde soient démolis d'ici cinq ans. Un projet qui n'est «aucunement dans les cartons», assure le MTQ.

L'adjoint au sous-ministre des Transports du Québec, Jacques Gagnon, a fait le saut hier matin en lisant la manchette de La Presse, coiffée du titre «Quinze ponts routiers à démolir d'ici cinq ans». «Il n'y a aucune démolition dans la mire pour aucun des ponts concernés», a indiqué M. Gagnon aux médias hier, alors que la Commission d'enquête sur le viaduc de la Concorde (CEVC) faisait relâche.

L'article du quotidien rendait compte du témoignage du directeur des structures au MTQ, Guy Richard, jeudi, devant la CEVC. M. Richard avait alors expliqué que le ministère gardait un oeil affûté sur les 15 viaducs du Québec qui présentent des caractéristiques de construction semblables à celui de la Concorde (avec des appuis en porte-à-faux), et que des améliorations seront graduellement apportées à ces structures pour changer certains points d'appui. M. Richard avait évoqué que ces modifications pourraient aller jusqu'à «remplacer la structure d'ici cinq ans». Or il s'agirait là d'une mesure de «dernier recours», motivée uniquement par des considérations «économiques ou pratiques», selon Jacques Gagnon.

Les 15 ponts routiers discutés hier faisaient partie d'un groupe de 18 qui ont été inspectés d'urgence à la suite de l'effondrement du viaduc de la Concorde, le 30 septembre dernier. Trois d'entre eux avaient alors révélé des similitudes inquiétantes avec le viaduc de la Concorde et ont conséquemment reçu des évaluations négatives. Résultat: le viaduc De Blois (Laval) a été démoli et un autre situé au-dessus de la 10 à Saint-Alphonse le sera cet été (reconstruction prévue fin 2007). Des travaux de consolidation ont par ailleurs été menés sur le viaduc de la 131, à Joliette.

Pour les 15 ponts restants, le MTQ avait conclu que les structures étaient sécuritaires. Six mois plus tard, le verdict reste le même, assure Jacques Gagnon. Ce qui n'empêche pas le ministère de les garder à l'oeil: des inspections seront ainsi faites annuellement, au lieu d'un cycle de trois ans. Et d'ici cinq ans, des améliorations notables seront apportées aux structures.

«C'est par mesure de précaution uniquement, et pour rassurer la population, précise M. Gagnon. Nous allons modifier les appuis de type chaise que ces ponts comportent, pour nous assurer que les consoles ne portent plus dans le vide mais qu'elles seront supportées.» Guy Richard avait indiqué jeudi que les ponts-chaises ne sont plus construits au Québec parce qu'ils sont plus difficiles d'entretien et d'inspection.

Les travaux qui seront faits sur les 15 ponts «ne sont pas urgents», affirme M. Gagnon. Et ils ne nécessiteront pas la démolition des structures, à moins qu'on ne calcule que cela coûterait moins cher ou que ce serait plus facile techniquement. «À Joliette, nous avons fait d'importants travaux sans même restreindre la circulation», dit-il.