Dumont préfère la fourgonnette à la limousine

Mario Dumont
Photo: Jacques Nadeau Mario Dumont

Québec — Voulant projeter l'image d'un politicien favorable à la famille, le nouveau chef de l'opposition, Mario Dumont, a opté pour une minifourgonnette et non pour une limousine en guise de voiture de fonction. «On est le parti de la famille, après tout», a expliqué son attaché de presse, Jean-Nicolas Gagné, au Devoir hier, précisant que M. Dumont, père de trois enfants, trouve un tel véhicule plus «pratique» que celui qui est habituellement utilisé, par exemple la Chrysler 300. Lors de la dernière campagne électorale, M. Dumont a beaucoup misé sur la famille de la classe moyenne, promettant notamment, s'il était élu, de créer un système d'allocations de 100 $ par semaine par enfant.

Depuis son élection au titre de chef de l'opposition, M. Dumont n'a plus le droit de se trouver derrière le volant et doit se faire conduire par un chauffeur à bord d'une voiture de fonction fournie par une division de la Sûreté du Québec chargée de la «protection des personnalités». Sauf erreur, c'est la première fois à Québec qu'un élu ayant droit à une voiture avec chauffeur réclame un véhicule du type minifourgonnette, emblématique des familles contemporaines.

M. Dumont est temporairement véhiculé à bord d'une Dodge Caravan bleue. Mais bientôt, il la troquera pour une Toyota Sienna neuve pouvant accueillir sept passagers, a-t-on précisé à son bureau, une voiture qui se détaille entre 37 000 et 50 000 $.

Hybride?

Si la minifourgonnette est bien appréciée des familles, elle est aussi considérée comme très gourmande en énergie. En mai 2006, le choix du premier ministre Stephen Harper — pour qui M. Dumont dit avoir voté aux dernières élections fédérales — de circuler dans un cortège de SUV Tahoe avait défrayé la manchette. Au bureau de M. Dumont, on souligne que la Sienna n'a rien à voir avec ces monstres dotés de moteurs V8. Toyota vante sa Sienna, équipée d'un V6, soulignant que c'est un des plus économes de sa catégorie: 11,7 litres aux 100 kilomètres en ville et 8,1 litres aux 100 kilomètres sur la grand-route.

Le chef de l'ADQ a-t-il réclamé une voiture hybride, comme la Honda Civic du ministre de l'Environnement, Claude Béchard? «Des minifourgonnette hybrides, est-ce que ça existe?», a rétorqué Jean-Nicolas Gagné au Devoir. Non, mais certains Jeep et le SUV Lexus RX 400H sont proposés en version hybride. «Ce n'est pas un Jeep qu'il veut. Et il ne faut pas que ça coûte 100 000 $! Il faut gérer les deniers de la classe moyenne avec prudence», a ajouté M. Gagné.

Une vieille tradition

Par ailleurs, on ignorait hier si l'ancien chef de l'opposition officielle, André Boisclair, allait conserver une voiture de fonction maintenant qu'il est «chef du deuxième groupe d'opposition». À son bureau, on a indiqué que «le service lui est offert», sans plus de précision.

Soulignons que les politiciens québécois les plus importants non seulement ont droit aux services d'un chauffeur et de gardes du corps, ils ont aussi l'obligation de les utiliser. Il en est ainsi depuis longtemps et, selon plusieurs observateurs, ce n'est pas un luxe. Après son élection, en 1976, René Lévesque avait cherché à prendre ses distances par rapport à ces signes ostentatoires du pouvoir. «Homme simple et modeste», écrivait Gilles Lesage en février 1977 dans Le Soleil, M. Lévesque avait «horreur d'être constamment entouré et suivi d'une horde de gardes-chiourmes et d'esclaves» et il refusait, au début du mandat, de se faire conduire par eux. Or, dans la nuit du 5 au 6 février 1977, rentrant d'une soirée chez des amis au volant de sa propre voiture, le chef du gouvernement avait mortellement happé un clochard, Edgar Trottier. Chauffeur et garde du corps, «ce ne sont pas là des caprices», expliquait Gilles Lesage, mais la simple reconnaissance du fait que les personnes occupant ces fonctions le font 24 heures sur 24 et que tout doit être mis en oeuvre pour leur «éviter de perdre [leur] concentration», écrivait-il.

Embaucher la famille

Enfin, c'est à 14h aujourd'hui que les 41 députés adéquistes formant l'opposition officielle seront assermentés. Le «parti de la famille» tiendra un caucus en matinée au cours duquel on décidera entre autres si les élus ont le droit d'embaucher leurs proches. C'est le cas du député de Vanier, Sylvain Légaré, dont la mère est employée dans son bureau de circonscription depuis un an. Il disait hier qu'il fera tout pour que rien ne change: «Il n'est pas certain que je vais mettre ma mère dehors», a-t-il dit avant d'ajouter: «On verra demain [aujourd'hui].» Mais au bureau de M. Dumont, on estimait qu'il serait temps de «resserrer les règles» à cet égard. Or TVA révélait mardi que le jurisconsulte de l'Assemblée nationale, Claude Bisson, avocat chez McCarthy Tétrault qui conseille les députés sur les questions d'éthique, croit qu'on doit mettre fin à de telles pratiques, déjà interdites au fédéral.

Au Parti québécois, le nouveau whip Stéphane Bédard a émis une directive cette semaine pour interdire cette pratique. Le député Claude Boucher, dans Johnson (battu le 26 mars), avait son propre fils à son emploi depuis quelque temps. Chez les libéraux, deux députés défaits, Bernard Brodeur (Shefford) et Pierre Descôteaux (Groulx), avaient aussi embauché leur épouse.
11 commentaires
  • Daniel Savard - Inscrit 12 avril 2007 03 h 02

    Le ptit MARIO brosse... fait encore ...

    Eh oui notre laron déséquilibriste du bon sens rationnel de ses promesses qui a su abassourdir la population pendant 33 jours, continue à faire avec des détails insignifiants au niveau journalistique pour la démocratie. UN INCOMPÉTANT DE JOURNALISTE EN FAIT UNE NOUVELLE IRRESPONSABLE MAIS CLIPANTE, NE TROUVEZ VOUS PAS ENCORE! Si il n'y a pas plus de profondeur plutot que du superficiel semblable, vive la démocratie... et il ira loin... BRAVO!!!

  • Roland Berger - Inscrit 12 avril 2007 07 h 41

    Du Manning

    Le choix de Dumont rappelle les heures de gloire du Reform Party sous Manning. Mais les Reformists se sont rapidement mis au goût du jour.
    Roland Berger
    London, Ontario

  • Gilles Bousquet - Inscrit 12 avril 2007 07 h 55

    LA JALOUSIE ET ÊTRE PEU POLI...C'EST PAS JOLI

    Voici M. Daniel Savard BIEN fâché parce que M. Dumont choisit une fourgonnette pour l'utilité et démontrer son attachement à la famille et que c'est souligné par un journaliste. Le journaliste me semble avoir raison vu que l'affaire n'est pas chose courante et que c'est une bonne idée de plusieurs points de vue.

    Celles et ceux qui sont déçu(e)s par les résultats de la dernière élection devraient prendre de "grandes respirations" pour enlever le stress pour ne pas trop nuire à leur santé pour pouvoir de nouveau voter à la prochaine élection.

  • Jacques Gagnon - Inscrit 12 avril 2007 08 h 41

    Plus de précisions s.v.p.

    Est-ce que sa femme sera chauffeur ?

    Y aura-t-il des sièges pour enfants ?

    Y aura-t-il des chaises pour enfant à l'assemblée nationale ?

    Pourra-t-on changer les couches au salon bleu ?

    Est-ce qu'ils mangent des «papaburger» et des »mamanburger» ?

    Je vous en conjure, éclairez nous. Continuez votre beau travail de promotion de l'insignifiance.

  • jacques noel - Inscrit 12 avril 2007 10 h 36

    Edgar Trottier

    Où est rendue la rumeur qui veut que ce soit la CIA qui ait placé Trottier sur le chemin de Lévesque?
    Sérieux ou légende urbaine???

    Où sont achetées les limos des ministres? Y'a-t-il des appels d'offres? Est-ce que c'est toujours le même concessionnaire? Est-ce qu'il est lié au parti au pouvoir?