Greenpeace s'émeut de la générosité des industriels forestiers envers le PLQ

Selon une analyse des contributions électorales au Québec, Greenpeace a établi que le Parti libéral de Jean Charest a été «fortement privilégié» par les industriels de la forêt, regroupés dans le Conseil de l'industrie forestière (CIFQ) en 2004 et 2005.

Le groupe environnemental y voit une explication, du moins partielle, des retards mis par Québec à appliquer des volets majeurs du rapport Coulombes, particulièrement au chapitre de la gestion écosystémique et des aires protégées.

Cette analyse a fait bondir le CIFQ, qui n'a pas nié les chiffres dévoilés par Greenpeace mais les a relativisés en démontrant que les contributions de ses membres correspondaient tout au plus en 2005 à 0,61 % des contributions électorales totales. En somme, pas de quoi influencer les politiques libérales.

Au cabinet du ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Pierre Corbeil, son attaché de presse, Matthieu Saint-Amant, soutenait qu'«il n'y a aucun lien entre les contributions des citoyens, leur employeur et les décisions gouvernementales».

Greenpeace a comparé récemment les noms et adresses de toutes les personnes qui apparaissent au registre des sociétés dans les dossiers des 103 compagnies membres du CIFQ. Et le groupe environnemental a comparé leurs contributions aux différents partis politiques.

Il en ressort que ces personnes ont fourni 44 215 $ au Parti libéral en 2005, contre 15 375 $ au Parti québécois et 3000 $ à l'ADQ. En 2004, les «personnes liées» aux sociétés forestières et papetières ont fourni 31 130 $ au PLQ, 4020 $ au PQ et 220 $ à l'ADQ.

«Ainsi donc, a commenté le porte-parole de Greenpeace Québec, Jocelyn Desjardins, la proportion des contributions allant au PLQ par les personnes liées aux compagnies membres du CIFQ dépasse largement la proportion observée dans l'ensemble de la population. En effet, les libéraux ont reçu 64 % de tous les dons de plus de 200 $ [des industiels forestiers] aors qu'ils recevaient 79 % en 2004.»

Jocelyn Desjardins reconnaît immédiatement que ces contributions individuelles sont légales. «On ne dit pas que ce n'est pas correct, ajoute-t-il. On ne fait qu'informer les gens de la proximité qui existe en très grande partie entre les libéraux et les gens de l'industrie forestière.» Cette concentration de contributeurs à la caisse libérale lui apparaît d'ailleurs «comme quelque chose de malsain pour la gestion de la forêt et de la démocratie».

La porte-parole du groupe environnemental au dossier forêt, Mélissa Filion, estime que si cette proximité n'explique pas tout, elle soulève des questions sur le retard du gouvernement à appliquer des recommandations centrales de la commission Coulombes, notamment en ce qui a trait à la gestion écosystémique et la protection des aires protégées, où le PLQ n'a respecté ni l'échéance fixée par la commission ni le niveau de 8 % qui s'est résumé à protéger dans les faits

4,7 % du territoire québécois.

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