La montée de l'ADQ inquiète la gauche

La montée de l'ADQ dans les sondages et la perspective qu'elle soit appelée à former un gouvernement ou détienne la balance du pouvoir inquiète dans les milieux progressistes. La présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Claudette Carbonneau, invite les électeurs québécois à se «ressaisir» et à se «recentrer sur les véritables enjeux» de la campagne.

«J'ai le sentiment que plutôt que d'être un vote visière levée à droite, c'est une réaction viscérale par rapport à la politique», croit Mme Carbonneau.

Au cours des prochains jours, la CSN diffusera auprès de ses membres une analyse des programmes des partis afin de clarifier les enjeux. «L'ADQ va plus loin que les libéraux dans le désengagement du rôle de l'État dans l'économie et les services publics», critique Mme Carbonneau.

Ses collègues de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) ont préféré ne pas commenter les nouvelles perspectives sur le prochain gouvernement. La FTQ a néanmoins déjà fait connaître son appui au PQ.

La Fédération des femmes du Québec (FFQ) est elle aussi fort préoccupée à l'idée que l'ADQ se rapproche ainsi du pouvoir. L'organisme a sollicité des rencontres avec les chefs de tous les partis. Seule l'équipe de Mario Dumont n'a pas encore répondu à l'appel. «On aurait beaucoup de questions à lui poser», note Mme Asselin, qui aimerait bien entre autres savoir comment l'ADQ entend réduire les budgets de l'aide sociale pour financer son projet de soutien de 100 $ par semaine aux familles dont les enfants ne fréquentent pas les garderies.

Mme Asselin considère que les propositions en matière familiale de l'ADQ ne correspondent pas du tout aux orientations du mouvement des femmes. «Près des trois quarts des mères d'enfants de moins de cinq ans sont sur le marché du travail et la majorité des familles n'ont pas d'autres solutions. L'argent pour financer cette mesure — on ne sait pas où M. Dumont le prendrait — serait mieux utilisé pour consolider les services de garde», estime Mme Asselin.

L'inquiétude est aussi vive chez les groupes qui viennent en aide aux immigrants. Là aussi, l'ADQ a brillé par son absence lors d'un débat qui se tenait jeudi soir et auquel ont participé le PQ et le Parti libéral. «Nous sommes très préoccupés à l'idée que M. Dumont pourrait devenir premier ministre, ses prises de position depuis deux ou trois mois [sur les accommodements raisonnables] sont inquiétantes», fait valoir Stephan Reichold, de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes.

Québec solidaire

Le resserrement de la bataille électorale entre les trois grands partis fait craindre le pire pour Québec solidaire. Le spectre du «vote utile» pourrait faire mal à la formation de gauche qui tente d'émerger.

«À toutes ces personnes qui ont envie de voter pour nous, qui peuvent nous faire élire, je dis: ne vous fiez pas sur M. Boisclair pour être le vrai combattant de la justice sociale», lance Mme David.

Sa formation présentait hier ses engagements en matière d'emploi et de travail, en compagnie des candidats syndicalistes Arthur Sandborn (Conseil central de Montréal de la CSN) dans Saint-Henri-Sainte-Anne et André Frappier (Syndicat des postiers) dans Crémazie. Le parti prône, entre autres choses, une hausse du salaire minimum à 10 $ l'heure, l'abolition des décrets qui fixent unilatéralement les conditions de travail des employés du secteur public et la fin des écarts dans les conditions de travail entre les employés précaires et ceux réguliers.
7 commentaires
  • roger montreal - Inscrit 16 mars 2007 23 h 55

    Tous les progressistes nous devrions nous unir

    Mme. DAVID devrait comprendre ,que les votes que QUÉBEC SOLIDAIRE ou le PARTI VERT vont prendre dans certains contés, ou les partis son coude a coude ,va faire élire un A.D.Q. ou un libéral /conservateur/ qui sont a l extrême droite loin de nos valeur dans tout. OUI VOTRE PLAQUE FORME EST BONNE et je vous souhaite beaucoup de succès, mais le moment est mal choisi. NON le P.Q. n est pas parfait mais c est le plus progressiste, le seul dans le moment qui peu former un gouvernement. Quand nous voyons un homme comme VICTOR LEVY BEAULIEU vouloir voté A .D.Q. il y a des choses qui sont dur a comprendre. Il se dit progressiste et vote pour un parti de l extrême droite. POUR le moment nous devrions s unir plutôt de se diviser tous les progressistes car les années peuvent être longues.
    ROGER DION rogerdion@hotmail.com

  • David Prince - Inscrit 17 mars 2007 07 h 01

    Le plus vite sera le mieux

    Est-ce mal de sortir l'État de l'économie et des services publics. Le viellissement de la population et le fait que l'on sera de moins en moins nombreux pour payer fait en sorte qu'on ne pourra pas continuer longtemps comme ça. Le plus vite on fera le ménage, mieux ce sera.

  • Gabrielle Matte - Inscrit 17 mars 2007 09 h 17

    L'Union : on a déjà donné sans recevoir!

    Monsieur Dion. En plus de faire plusieurs fautes d'orthographe, vous faites plusieurs fautes d'analyse. Les progressistes en ont assez de se fier au PQ pour défendre les leurs idées. Le PQ couche maintenant avec le patronat. C'est un défenseur du statu quo, un "quetteux" de job auprès de grandes compagnies qui prennent les subventions et décollent pour le Mexique ou l'Asie le temps venu. Seul Québec solidaire propose d'être "maître chez nous" et de ne pas se laisser intimider par les charlatans d'emplois précaires. Seul QS propose d'augmenter l'impôt des banques, le salaire minimum, il est le seul à proposer un filet de sécurité sociale pour les artistes, etc. QS n'est pas une alternative progressiste : c'est le seul parti progressiste que nous ayons au Québec. Et il est grand temps que nous ayons une voix progressiste à l'Assemblée nationale.

    Jean-François Lessard
    ex-péquiste, membre de QS
    Montréal

  • Bruno - Inscrit 17 mars 2007 11 h 09

    Madame David : coupable de la montée de la droite

    Je suis tout à fait d'accord avec monsieur Roger Dion. Si le parti que dirire Mario Dumont remporte un grand nombre de sièges, madame David n'aura qu'elle à blâmer. Dans une dizaine de circonscriptions, les votes aux tiers partis feront la différence entre un gain pour l'ADQ plutôt qu'un gain pour le PQ. Est-ce que les idéaux de madame David seront mieux servis ? Poser la question, c'est y répondre.

    Madame David a des chances de passer à l'histoire comme la Ralph Nader du Québec : en sera-t-elle honorée ?

  • Jean Desjardins - Inscrit 17 mars 2007 12 h 54

    Donner la lune sans vaisseau spatial pour s'y rendre...

    J'en ai marre de ce discours de go-gauche qui prétend vouloir tout régler via la lutte des classes !

    Bien sûr, les moins nantis ont raison de vouloir recevoir leur quote-part de la Société qui les héberge. Ce que la go-gauche s'entête à ne pas comprendre, cependant, c'est qu'il faut quand même avoir quelque chose à leur donner... Et donner aux moins nantis ainsi que de se payer des régimes sociaux tout azimut, ça implique de trouver le financement nécessaire. Bref, il faut qu'il y ait création de richesse quelque part, sinon, c'est la faillite. Je ne trouve rien de consistant, dans le programme de Québec solidaire, en regard de ce deuxième côté de la médaille...

    Monsieur Jean-François Lessard (Gabrielle Matte) a beau reprocher à monsieur Dion ses fautes d'orthographe (ce qui est grossièrement 'cheap', soi-dit en passant), lui aussi, a des fautes beaucoup plus graves dans son analyse. En effet, ce n'est pas en tapant sur la tête des entreprises et des mieux nantis qu'on trouvera les fonds nécessaires pour financer les projets sociaux du Québec. Il y a une réalité qui lui échappe, malheureusement, ainsi qu'aux bien-pensants de QS. Ce n'est pas les 40% qui ne paient pas d'impôt qui financeront les régimes qui aideront ces derniers à se sortir de cette dépendance économique inacceptable dans une Société moderne.

    Conclusion. Eh oui! Ça existe des Québécois qui sont à la fois patron, pro-syndical, relativement nanti, social-démocrate, payeur d'impôt, sensible à la misère, ouvert aux enjeux culturels et enfin, ...souverainiste. Il en existe plus qu'on pense. En général, on les détecte moins facilement car, règle générale, ce ne sont pas des grandes gueules !

    Le 26 mars prochain, je voterai pour le PQ (malgré les nombreuses failles de son parcours) en espérant que les leaders de ce parti comprendront enfin qu'une bonne remise en question s'impose en regard de la défection (momentanée ou permanente) de sa base traditionnelle d'appui. Et ce, quoiqu'il arrive le 26 mars prochain.


    Jean Desjardins

    Laval.