Un référendum final ou non ?

Jonquière — Le chef libéral Jean Charest s'est amusé hier après-midi à souligner les propos contradictoires d'André Boisclair et de Pierre Curzi sur le prochain référendum. Pour le chef péquiste, ce ne sera pas nécessairement le dernier alors que son candidat-vedette a déclaré, lors d'une interview au magazine L'actualité, qu'à la suite d'un «non clair» à un troisième référendum, il «aimerai[t] qu'on se ferme la trappe». L'ancien président de l'Union des artistes qualifiait le prochain référendum de «final».

En campagne dans une région qui a été longtemps une place forte péquiste, mais qui, selon certains coups de sonde récents, vacille, Jean Charest a souligné la contradiction au crayon gras. «André Boisclair a dit "un référendum le plus vite possible, mais si celui-là ne marche pas, on en refera d'autres". Là-dessus, pas tous les Québécois sont d'accord», a insisté le premier ministre avant de citer certains des passages les plus éloquents de l'interview avec M. Curzi.

Joint par Le Devoir vendredi, Pierre Curzi avait toutefois nuancé sa déclaration en précisant que le référendum serait «final» de son propre point de vue de militant. «J'ai 61 ans, je considère que le prochain référendum, selon moi, ce sera le dernier», a fait valoir M. Curzi, tout en reconnaissant que cette opinion n'est pas partagée par tous les souverainistes. «Il y a une partie des gens de ma génération qui considèrent qu'effectivement, le troisième serait le bon, qu'ils souhaitent voir naître le pays avant que leur vie se termine. [...] Après, évidemment, libre aux générations suivantes de poursuivre», a soutenu M. Curzi.

Au Parti québécois, on ne voit pas de contradiction entre les propos de Pierre Curzi et ceux du chef. L'organisation se réfugie derrière la conviction qu'un prochain référendum serait nécessairement gagnant et que la question deviendrait alors désuète. «Un troisième référendum serait un référendum gagnant, alors on n'en reparlera plus. C'est pour cela que l'on va "se fermer la trappe"», a affirmé une des responsables des communications du parti, Shirley Bishop, en paraphrasant M. Curzi.
13 commentaires
  • Steve Fortin - Inscrit 4 mars 2007 23 h 10

    L'option souverainiste dépasse les vélléités constitutionnelles de Charest

    C'est si facile pour Jean Charest de gloser par rapport à la question nationale; cela n'est que vaine tentative de cacher l'aplatventrisme gênant de ce transfuge conservateur. En remettant les clés de la voiture gouvernementale québécoise à son homologue fédéral (comment peut-il en être autrement quand on sait que tout le cadre financier de la plate forme libérale est tributaire des subsides conservateurs!), Jean Charest fait la démonstration éloquente de la nécessité pour les québécois de prendre en main leur destin.

    La question nationale ne se règlera pas le 26 mars 2007. Mais le chef libéral joue ses billes à courte vue; heureusement, le projet souverainiste, rassembleur, outrepasse les velléités constitutionnelles de Jean Charest

  • Pierre-Paul Roy - Abonné 5 mars 2007 06 h 43

    Au final: l'Indépendance

    Pourquoi pas un référendum de plus si le troisième n'est pas «clairement» majoritaire pour le OUI. C'est sûrement préférable à la violence.

  • jean claude pomerleau - Inscrit 5 mars 2007 07 h 48

    La solution l élection décisionnelle.

    Le Referendum n est pas le seul mode d accession à l indépendance. Il y a aussi l élection décisionnelle: La majorité des voix et des sièges de tous les partis politiques inscrits sur la liste indépendantiste lors d une élection. Ce mode d accession à l indépendance offre plusieurs avantages dont celle de nous débarrasser du psychodrame et angoisse des perspectives d un ultime Referendum perdu; et a aussi comme avantage de nous sortir de la cage à castor que constitue la Loi C 20 sur la "clarté" referendaire, qui est en fait un déni de démocratie. À moins qu Ottawa accepte de signer un protocole s engageant à respecter le processus démcratique d un referendum au Québec sous supervision des ONU, il vaut mieux choisir l élection décisionnelle comme mode d accession à l indépendance.Mais essayer d en convaincre le PQ c est une autre histoire.

  • Etienne Merven - Inscrit 5 mars 2007 08 h 05

    Irréversible, un référendum?

    Très intéressant ce débat sur les référendums, car, apparemment, il y en aura d'autres.
    Toutefois, posons-nous la question suivante : si le OUI l'emporte à un des prochains référendums, si le Québec devient indépendant, si, plus tard, un parti d'opposition est porté au pouvoir, si ce parti organise un référendum (ou des référendums) pour réintégrer le Canada, si le OUI l'emporte, le Québec réintégrera-t-il le Canada?
    Ou alors, est-ce irréversible? Ce qui ne serait pas juste, car, ce qui marche pour l'un doit marcher pour l'autre!

  • Claudette Bachand - Inscrite 5 mars 2007 09 h 53

    Où est l'enjeu?

    Ni Boisclair, ni Curzi peuvent dire si un troisième référendum serait le dernier. C'est l'ensemble des Québécois qui décideront de leur avenir. Ils auront toujours la possibilité d'élire un gouvernement avec un mandat de tenir un autre référendum. Les Boisclairs et Curzis peuvent nous donner leur opinion sur le sujet, mais seulement les Québécois décideront si le prochain référendum sera le dernier. Donc arrête de chercher pour des scandales qui n'existent pas!