Environnement - Le gouvernement Charest obtient la note de passage, selon les écologistes

La privatisation d’une partie du mont Orford a coûté plusieurs points au gouvernement Charest qui obtient malgré tout la note de passage.
Photo: Jacques Nadeau La privatisation d’une partie du mont Orford a coûté plusieurs points au gouvernement Charest qui obtient malgré tout la note de passage.

Pour cinq groupes environnementaux québécois, le gouvernement Charest affiche un bilan très faible en matière d'environnement. Selon le coordonnateur de Greenpeace-Québec, Steven Guilbeault, «Le gouvernement a la note de passage. Mais le gouvernement passe sur les fesses», c'est-à-dire à la limite de l'acceptable.

Du côté des «ratés» d'envergure, Orford apparaît en tête de liste, suivi de l'absence de politique de protection des milieux humides, de la mauvaise gestion forestière — qui se poursuit avec à peine 4,8 % d'aires protégées et l'absence de certification des forêts —, et de l'absence de politique de financement des groupes. Les bons coups ne sont même pas totalement crédités au gouvernement. Québec a bien accouché d'un plan de lutte contre les changements climatiques, affirment les cinq groupes environnementaux, mais il ne permettra d'atteindre les objectifs du protocole de Kyoto qu'un an sur cinq. On lui donne le crédit d'avoir mis en place une politique énergétique, mais on lui reproche d'avoir ouvert la porte à l'essor du gaz naturel, ce qui peut entraîner un accroissement es émissions de gaz à effet de serre (GES) du Québec.

Les porte-parole des groupes écologistes ont dû expliquer pourquoi ils n'appuyaient pas tout bonnement le Parti vert du Québec. Dans le système actuel, selon Steven Guilbeault, il est difficile pour les petits partis de se faire une place à l'Assemblée nationale. Les groupes écologistes présents hier préfèrent sensibiliser le public aux véritables enjeux environnementaux qui doivent être abordés durant cette campagne afin de faire pression, comme les tiers partis, sur ceux qui vont vraiment siéger à l'Assemblée nationale pour les inciter, grâce à ces pressions concertées, à adopter des politiques plus efficaces en matière d'environnement.

Les cinq groupes écologistes présents hier à cette conférence de presse — Équiterre a seulement convié les groupes «avec qui on réalise facilement des consensus», selon son coordonnateur, Sidney Ribaux — n'ont pas jeté l'éponge et réclament de Québec qu'il modifie son plan de lutte contre les changements climatiques pour que le niveau de GES exigé dans le protocole de Kyoto soit atteint non pas pendant un an, soit en 2012, mais pendant les cinq années de la période 2008-2012 couverte par le traité international. Ils ont aussi demandé aux partis de s'engager à ramener à plus long terme les émissions du Québec à 25 % sous la barre de 1990, un prélude aux négociations de la phase 2 de Kyoto sur les engagements après 2012.

Les cinq groupes écologistes conviennent d'une autre priorité: si les grands partis sont sérieux en matière d'environnement, ils doivent s'engager à augmenter le budget du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, lequel, malgré le marketing vert en cours, ne représente encore que 0,3 % du budget du Québec. Philippe Bourke, directeur du Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement (RNCRE), estime qu'aucun parti ne peut sérieusement continuer de prétendre faire de l'environnement une priorité sans consacrer à ce ministère au moins 2 % du budget de l'État.

Nature-Québec ajoute que l'objectif de la Commission Coulombe consistant à créer des aires protégées sur 12 % du territoire québécois doit faire l'objet d'un engagement formel des partis, qui seront jugés sur ce type de critères quand viendra l'heure d'évaluer leur programme électoral.

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