Boisclair veut permettre aux villes de respirer un peu mieux

André Boisclair
Photo: Jacques Nadeau André Boisclair

Saguenay — Le chef du Parti québécois, André Boisclair, a promis mettre un terme à la «tutelle» exercée par le gouvernement québécois sur les municipalités en revoyant en profondeur le Code municipal.

Lors d'une allocution prononcée devant la Chambre de commerce de Saguenay, le chef péquiste s'est engagé à «donner de l'air aux villes» dont on dit qu'elles sont «des créatures» du gouvernement du Québec. «Fini le mur-à-mur du côté de monde municipal», a-t-il lancé.

Au cours de la conférence de presse qui a suivi, André Boisclair a indiqué qu'il proposait de «repenser complètement l'environnement législatif des municipalités». Elles «sont constamment sous tutelle du gouvernement du Québec» parce qu'elles doivent continuellement demander des autorisations à Québec pour mettre en oeuvre des décisions dans leurs champs de responsabilité, a-t-il fait remarquer. «Je souhaite leur donner plus de liberté.»

Le chef péquiste souhaite dresser une liste des champs de responsabilités qui seraient dévolus au gouvernement du Québec. «Pensez, par exemple, à la taxe sur la consommation ou à l'impôt sur le revenu. Jamais les municipalités n'occuperont ces champs fiscaux. Mais pour tout le reste, que le monde municipal fasse ce qu'il veut», a-t-il expliqué.

Ce nouvel environnement législatif, c'est exactement ce que Montréal réclame sous le vocable de «pouvoir habilitant», c'est-à-dire un pouvoir d'occuper de nouveaux champs de taxation comme la taxe sur les stationnements commerciaux et la taxe sur les spectacles. La ministre des Affaires municipales et des Régions, Nathalie Normandeau, s'était montrée ouverte à l'idée d'étudier la demande formulée en ce sens par le maire de Montréal, Gérald Tremblay.

André Boisclair envisage d'offrir ces nouveaux pouvoirs à l'ensemble du monde municipal. Mais il s'est gardé d'apporter des précisions, se contentant de parler de tarification. Dans le passé, il a déjà proposé de permettre à Montréal de taxer les stationnements.

Lors de son passage à Saguenay hier, M. Boisclair a visité une PME de troisième transformation de l'aluminium, SKL Aluminium Technologie. Il en a profité pour dévoiler ses engagements relativement à la Vallée de l'aluminium. Un gouvernement du PQ prolongerait de cinq ans le crédit d'impôt réservé à la Vallée de l'aluminium pour la transformation de ce métal. M. Boisclair a aussi promis de rétablir le budget annuel de la Société de la Vallée de l'aluminium à hauteur de 500 000 $, une enveloppe qui a été réduite de moitié par le gouvernement Charest.

De plus, alors que le gouvernement Charest a annoncé dans le dernier budget Audet l'abolition graduelle de l'aide à l'investissement dans les régions-ressources, M. Boisclair s'est engagé à maintenir dans ces régions le crédit d'impôt pour les entreprises de deuxième et troisième transformation pendant cinq ans.

À voir en vidéo