L'ADQ est le seul parti à s'occuper des affaires du vrai monde, selon Mario Dumont

Saint-Raymond-de-Portneuf — Libéraux et péquistes ont si peu à offrir aux Québécois qu'ils se réfugient derrière le débat référendaire, ce qui met en lumière l'approche pragmatique de l'Action démocratique du Québec, estime Mario Dumont.

Lors de son passage hier matin dans la circonscription de Portneuf, Mario Dumont a détaillé un peu plus sa plateforme électorale en matière de santé, tout en soulignant encore une fois que, contrairement à ses adversaires, son parti est proche des vraies préoccupations des citoyens. Il a repris la rhétorique des dernières années consistant à accuser le PLQ et le PQ d'être de vieux partis. À ses yeux, Jean Charest et André Boisclair sont les personnages d'un «vieux film en noir et blanc» sur le référendum.

«Ce qui se cache derrière le dialogue des poissons rouges qui font des bulles dans un aquarium au sujet d'un référendum qui n'aura pas lieu, c'est leur immobilisme sur les vrais sujets. Leur immobilisme en santé, en éducation, dans l'ensemble des secteurs qui affectent la vie des gens», a affirmé Mario Dumont.

Conformément à cette logique, l'ADQ se démarquerait de ses adversaires. «On s'occupe des Québécois, des familles, de leur portefeuille, de leur vie, de leur santé. Les Québécois sont déçus de voir qu'il y a deux partis sur trois qui n'ont rien à offrir pour leur vie», a ajouté le chef adéquiste.

La même ligne d'attaque a été reprise en après-midi par le président de la campagne électorale adéquiste, Yvon Picotte. «On est en train de revenir à ce qui fait le pain et le beurre des vieux partis politiques, la fameuse discussion péquiste-séparatiste et fédéraliste-libérale. Quand on voit certains dinosaures commencer à faire peur avec les chèques de pension, ils sont dépassés pas mal. Il y a une limite à se faire prendre à ce jeu-là à toutes les élections. Et au PQ, ils ne sont pas plus intelligents parce qu'ils promettent toujours de faire un référendum tant qu'ils ne le gagneront pas», a commenté M. Picotte qui accompagnait son chef lors de son passage à Louiseville, dans Maskinongé.

L'allure prise par la campagne électorale après une semaine et un sondage Léger marketing tendant à démontrer la croissance des appuis à l'ADQ font dire à M. Picotte que le PQ pourrait bien se retrouver en troisième place dans bien des circonscriptions en milieu rural. Quant à l'ADQ, elle vit un «crescendo». «On peut penser à l'opposition officielle. Et on peut penser à plus que ça aussi», a-t-il lancé se disant fier que son chef aborde «les vrais problèmes». Le débat des chefs pourrait être déterminant pour asseoir la crédibilité de Mario Dumont, croit Yvon Picotte.

Mario Dumont a commencé sa journée en revenant à la charge sur les questions de santé. Planté devant le Centre hospitalier de Portneuf, avec le candidat Raymond Francoeur, le chef adéquiste a proposé d'améliorer l'accès aux soins de santé en misant sur les cliniques sans rendez-vous.

Un gouvernement adéquiste investirait progressivement jusqu'à 300 millions par année pour créer 150 points de service (cliniques privées, groupes de médecine familiale ou coopératives de santé) dans toutes les régions, mais en accordant la priorité à celles où on retrouve le plus haut taux de citoyens sans médecin de famille.

Mario Dumont s'est aussi engagé à ce que les services d'urgence soient ouverts 24 heures sur 24 et sept jours sur sept dans les régions où le nombre de citoyens et la distance à parcourir le justifient. M. Dumont a cité l'exemple du Centre hospitalier de Portneuf où l'urgence est partiellement ouverte, en brandissant le journal local dans lequel une publicité avise la population des heures auxquelles il y a un médecin de garde. Pour le chef de l'ADQ, ce cas illustre parfaitement le «fiasco libéral».

Envoyé au front pour démolir la proposition adéquiste, le ministre de la Santé Philippe Couillard a affirmé que ce plan ne réglerait en rien l'engorgement dans les hôpitaux. Mario Dumont a rapidement renvoyé la balle à M. Couillard, soutenant qu'il s'agissait d'une réaction improvisée. «Il y a presque une personne sur trois qui n'a pas de médecin de famille. C'est l'action de son gouvernement», a affirmé M. Dumont, avant de souligner que M. Couillard ne donne aucune réponse aux gens de Portneuf qui doivent être «malades aux bonnes heures».

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