Charest soutient l'interdiction du voile au soccer

Laval — La question de la diversité ethnique a fait irruption pour une première fois dans la campagne électorale, hier. Le chef libéral Jean Charest s'est déclaré favorable à l'interdiction du port du voile islamique sur les terrains de soccer. Il réagissait à ce cas d'une jeune joueuse de soccer musulmane ontarienne de 11 ans, Asmahan Mansour, qui a décidé, samedi à Laval, de quitter un tournoi après qu'elle eut été contrainte par un arbitre de retirer son voile. L'arbitre, lui aussi musulman selon le Journal de Montréal, a invoqué des questions de sécurité. Louis Maneiro, entraîneur de l'équipe, les Hotspurs, a aussitôt appuyé sa joueuse et a décidé de boycotter la partie de même que le reste du tournoi.

M. Charest, qui présentait hier sa «première priorité» — la santé — à la Cité de la santé à Laval, a abordé l'affaire d'un ton léger. Il a expliqué que l'épisode lui avait rappelé son jeune temps — lorsqu'il avait 15 et 16 ans— où il avait beaucoup pratiqué ce sport et même remporté des tournois. Un jour, un arbitre avait interrompu un match pour demander aux joueurs d'insérer leur chandail dans leur pantalon «parce c'est que la coutume de ce sport». Selon lui, le sport a aussi comme vertu d'apprendre aux jeunes à se «conformer à des attentes» et à des règles.

Originaire de Nepean près d'Ottawa, la joueuse en cause a cependant interprété l'interdiction du voile comme une façon de décourager les musulmanes à jouer au soccer. Mais M. Charest s'est montré surprenamment ferme sur le sujet, y voyant simplement la nécessité pour les jeunes de se conformer à des règles de sécurité et «l'application d'un règlement d'une fédération sportive» conforme à celles de la Fédération internationale de football association (FIFA), qui régit le soccer dans le monde.

Invité à commenter cet incident lors d'un passage au Saguenay, le chef adéquiste Mario Dumont a dit qu'il était normal que les personnes qui pratiquent des sports se conforment à des règles comme celles ne pas porter de bijoux ou et d'avoir la tête et le cou à découvert. Selon lui, nulle question d'accommodement raisonnable ici: «Il ne faudrait pas tout amalgamer et tout mêler. Dans ce cas-ci, il s'agit d'une question de sécurité dans le sport.»

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Avec Kathleen Lévesque et Presse canadienne

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