Plainte du Parti libéral du Québec - La caravane du gel poursuit sa route

Les étudiants entendent bien poursuivre leur tournée du Québec en dépit de l’avis formel donné par le directeur général des élections.
Photo: Jacques Nadeau Les étudiants entendent bien poursuivre leur tournée du Québec en dépit de l’avis formel donné par le directeur général des élections.

L'avertissement formel du Directeur général des élections du Québec (DGE) aux étudiants à propos de la légalité de leur caravane du gel ne semble pas les faire fléchir puisque les fédérations étudiantes soutiennent que leur tournée d'information sur les droits de scolarité visitera les campus comme prévu.

Hier, le DGE a fait parvenir une lettre aux deux fédérations étudiantes les avertissant que leur «caravane du gel» pourrait être contraire à la Loi électorale.

Les fédérations étudiantes universitaire et collégiale ont indiqué la semaine dernière qu'elles entendaient suivre le Parti libéral tout au long de la campagne électorale avec leur propre caravane pour dénoncer l'intention du PLQ de dégeler les droits de scolarité.

Le DGE, qui avait reçu une plainte du Parti libéral à ce sujet, a envoyé un avis aux étudiants hier leur indiquant que cette caravane risque fort d'entrer dans la définition d'une dépense électorale.

«La balle est dans le camp des fédérations étudiantes, on attend leur réaction, a expliqué le porte-parole du DGE, Denis Dion. Si les fédérations persistent dans leur volonté de mettre la caravane du gel sur la route, évidemment on va aller constater ce qui se dit et ce qui se fait, on va mettre un enquêteur sur le dossier.»

L'avertissement a été entendu, mais il ne semble pas avoir eu de grand impact. «On va faire comme on fait dans toutes les campagnes électorales, on va faire le tour et informer nos étudiants. Ce qui nous a été envoyé, c'est un avis d'information [...] maintenant on va en tenir compte», a indiqué le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Christian Bélair.

Selon M. Bélair, les fédérations étudiantes feront preuve de «prudence», mais «on ne se gênera pas de dire que, quand on regarde les plateformes, quand on les compare, la plateforme des libéraux est celle qui fait moins notre affaire, qui est le moins proche selon nous des préoccupations des étudiants».

Il défend aussi son association, qui ne «milite pas pour le Parti québécois», a-t-il ajouté.

Dans la lettre qu'il a fait parvenir aux deux fédérations, le DGE leur a rappelé que la définition de dépense électorale couvre toute dépense qui vise non seulement à favoriser, mais aussi à défavoriser un parti politique, ce qui, en l'occurrence, semble être l'intention des étudiants à l'endroit des libéraux de Jean Charest.

Le bureau du DGE rappelle que toute dépense visant à influencer l'élection faite par un tiers est illégale et que les seules dépenses qui sont permises sont celles qui sont approuvées par un agent officiel.

«Le principe de base sur nos règles de financement, c'est d'assurer une équité dans une période électorale, mentionne M. Dion. Si un tiers peut entrer, investir des ressources et dépenser de l'argent à côté de ce qui est autorisé par les agents officiels, ça ne respecte plus l'équilibre des forces que la Loi électorale veut garantir.»

En 2003, la Fédération des travailleurs du Québec avait lancé une campagne d'information contre l'Action démocratique, geste qui avait été interprété comme une dépense électorale par le DGE, qui avait poursuivi la FTQ. Le dossier est toujours devant les tribunaux.

Par ailleurs, hier, le PLQ a déposé une autre plainte devant le DGE, cette fois réclamant que le bureau examine de plus près les employés que le Bloc québécois prête au Parti québécois pendant la campagne.

«La proximité des deux partis politiques, les nombreuses déclarations et indications selon lesquelles l'organisation du Bloc québécois serait mise à la disposition du Parti québécois, ainsi que l'apparente précarité financière du Parti québécois, tous ces éléments nous portent à croire que le Bloc serait disposé à fournir au PQ le soutien financier dont ce dernier a besoin pour mener sa campagne», a indiqué par voie de communiqué le président du PLQ, Marc-André Blanchard.

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