L'aile gauche du PQ pourra vivre avec la plate-forme électorale de son chef

Laval — Le club politique péquiste Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ libre) devrait accueillir avec enthousiasme la plate-forme électorale que présentera aujourd'hui le chef du Parti québécois, André Boisclair.

C'est ce qu'a indiqué hier au Devoir le président de SPQ libre, Marc Laviolette, aussi candidat pour le PQ dans le comté de Soulanges. «On n'a pas tout ce qu'on veut mais on est bien satisfaits si on se fie aux grandes lignes dont on a pris connaissance.»

Le SPQ libre, l'aile gauche du PQ, a formulé un certain nombre de demandes qui devraient faire partie de la plate-forme du parti. André Boisclair s'est opposé à revoir les modifications apportées par les libéraux à l'article 45 du Code du travail mais, en revanche, il s'est montré ouvert à des mesures visant les assistés sociaux et les employés de l'État qui ont perdu leur droit d'exercer des moyens de pression avec l'imposition de la loi 142.

On s'attend à ce que la plate-forme péquiste propose la pleine indexation des prestations de l'aide sociale et l'abolition de la «clause Tanguy», qui impose une pénalité de 100 $ par mois aux bénéficiaires qui demeurent toujours chez leurs parents.

Le PQ devrait s'engager à revoir le chapitre 4 de la loi 142, cette loi spéciale adoptée avec le bâillon pour clore les négociations dans le secteur public en juin dernier. Cette section de la loi empêche les employés de l'État de recourir à tout moyen de pression et limite ainsi leur pouvoir de négociation. M. Laviolette s'est dit prêt à vivre avec les modifications imposées par les libéraux à l'article 45. Pour lui, rouvrir la loi 142 s'avère plus important.

«C'est très bon. Les gens du SPQ libre devraient être très contents», estime le secrétaire du club politique de gauche, Pierre Dubuc. L'adhésion du SPQ libre apparaît d'autant plus assurée qu'en plus de Marc Laviolette, Pierre Dubuc deviendra candidat du PQ, a-t-on appris hier. M. Dubuc, qui était candidat lors de la course à la direction du parti, se présentera dans la circonscription de Groulx, un comté de la couronne nord de Montréal que le PQ a perdu par moins de 500 voix en 2003. L'assemblée d'investiture doit avoir lieu mardi ou mercredi prochain.

André Boisclair a dit souhaiter «libérer le capital», ce qui devrait prendre la forme d'une abolition de la taxe sur le capital pour les entreprises qui investissent dans leur matériel de production. Chose étonnante, Marc Laviolette ne s'y oppose pas: il estime que les entreprises manufacturières n'ont pas assez investi pour se moderniser et qu'il faut que l'État les incite à le faire. Il a rappelé que 80 % des entreprises — les PME — sont déjà exemptées de la taxe sur le capital et que les libéraux se sont déjà engagés à la réduire de 50 % d'ici 2009.

L'ancien chef syndical ne s'oppose pas non plus à la «social-démocratie contemporaine» que veut instaurer le chef péquiste. C'est un terme «pour vendre» qu'emploie André Boisclair, juge M. Laviolette. «Pour moi, la social-démocratie, c'est toujours contemporain. Elle évolue avec le temps et avec les nouveaux défis.»

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