Les étudiants prennent le volant de la caravane... du dégel

Les partis politiques en ont un. Même TVA a le sien. Les étudiants veulent le leur: la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) lance aujourd'hui sa «caravane du gel».

La FEUQ et sa comparse collégiale, la FECQ, dévoileront ce matin les véhicules colorés qu'ils ont choisis pour sillonner le Québec pendant la campagne électorale. L'objectif poursuivi est de sensibiliser les jeunes et la population à l'importance de maintenir le gel des droits de scolarité.

«Dans les véhicules, nous aurons des équipes tactiques qui vont s'arrêter dans les campus, dans certains comtés», a expliqué hier l'attachée de presse de la FEUQ, Anne Marie LaBrèque. Dans sa course au gel des droits, il n'est pas impossible non plus que la «caravane» suive certains candidats ou certains autobus de parti politique.

L'histoire ne dit toutefois pas sur quel type de véhicule à quatre roues la FEUQ et la FECQ ont arrêté leur choix. «Disons que ce sera entre le mini-Rover et l'autobus scolaire!», a ajouté Mme LaBrèque en riant. Les fédérations étudiantes divulgueront aussi aujourd'hui une partie de leur plan d'action pendant la durée de la campagne électorale.

Autour des droits de scolarité, cette joute politique posera une question lancinante: dégeler ou ne pas dégeler? Figés depuis 1994, les droits de 1668 $ que coûte une année universitaire au Québec — en seuls droits de scolarité, frais afférents en sus — pourraient passer à 2168 $ si les libéraux reprennent le pouvoir le 26 mars prochain. En effet, le Parti libéral proposer d'ajouter 50 $ par semestre pendant cinq ans, pour un total de 500 $ additionnels par étudiant.

L'Action démocratique du Québec (ADQ) propose aussi d'accroître la contribution des étudiants et privilégie un modèle basé sur une indexation des droits. Le Parti québécois (PQ), qui dévoilera le fin détail de sa plate-forme demain, a plutôt annoncé qu'il souhaitait maintenir le gel des droits de scolarité, comme l'a déjà répété à plusieurs reprises le chef André Boisclair.

Une escarmouche politique en bonne et due forme a d'ailleurs eu lieu cette semaine à ce sujet entre le député péquiste Camil Bouchard et le ministre de l'Éducation et député libéral Jean-Marc Fournier. Par communiqués interposés, les deux hommes politiques se sont accusés, le premier d'avoir commis un manquement éthique grave, l'autre d'être hypocrite et d'avoir un «agenda caché».

Signe des temps, l'ancien recteur de l'Université de Montréal (UdeM), Robert Lacroix, membre du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO), a dévoilé hier un rapport intitulé Le Québec et les droits de scolarité universitaire. Le document, rédigé avec l'ex-vice-recteur exécutif de l'UdeM Michel Trahan, constitue un vibrant plaidoyer en faveur du dégel des droits, les auteurs avançant que le «gouvernement n'a pas les moyens du gel des droits de scolarité».

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