Voter PLQ, c'est s'appauvrir, dit Dumont

Victoriaville — De mauvaises surprises sous forme d'augmentations tarifaires attendent la classe moyenne si les libéraux de Jean Charest sont réélus, prédit le chef de l'ADQ, Mario Dumont.

Alors qu'il rencontrait des travailleurs d'usine à Victoriaville, dans la circonscription d'Arthabaska, le chef adéquiste a rappelé que le gouvernement Charest avait délibérément reporté à l'an prochain la hausse des permis de conduire et des immatriculations. La même chose risque de se produire du côté de l'assurance médicaments. «On peut s'attendre à de mauvaises surprises», a affirmé M. Dumont, qui a défini l'ADQ, comme «le parti de la classe moyenne».

Il a dit aux travailleurs qu'ils étaient surtaxés, qu'ils formaient «cette classe toujours assez riche quand le gouvernement a une facture à passer, [...] la classe moyenne qui est la vache à lait du système». Avec l'ADQ, a promis Mario Dumont, «on va rappeler à l'ordre Jean Charest jour après jour» au cours de la campagne électorale. Il n'est pas question de se laisser endormir par la stratégie de campagne «chloroforme» de M. Charest, qui «a trahi la confiance des citoyens» en abandonnant son engagement de baisser les impôts d'un milliard de dollars par année. «Le peuple du Québec mérite un gouvernement qui va se relever les manches», a-t-il lancé.

Il s'est également attaqué à ce qu'il nomme la «politique demi-familiale» des libéraux. Il y a la moitié des familles du Québec qui sont oubliées, selon lui. Dans une vision de liberté de choix, l'ADQ propose de verser 100 $ par enfant par semaine aux familles qui n'utilisent pas les services de garde subventionnées. Il faut toutefois souligné que le financement d'une telle mesure se ferait notamment par des compressions du côté de l'aide sociale.

D'ailleurs, plus tôt en après-midi, alors que Mario Dumont a pris le bain de foule dans un centre commercial situé dans la circonscription de Chambly, au sud de Montréal, une dame l'a interpellé sur cette question. «Faites attention à nos démunis», lui a-t-elle lancé. Beau joueur, le chef adéquiste ne s'est pas défilé, prenant le temps de donner des explications.

Les gens avaient des questions pertinentes pour Mario Dumont. «Vous sentez-vous prêt à diriger le Québec?», lui a demandé un homme. Le chef adéquiste a pris la peine de lui expliquer que les candidats-vedettes ne sont pas une garantie de succès pour les partis politiques, que la «meilleure équipe qui a dirigé le Québec est celle de René Lévesque, et il y avait beaucoup d'inconnus».

Puis, un citoyen de Saint-Bruno, Pierre Dulude, a abordé le chef de l'ADQ sur l'épineuse question des fusions-défusions. L'ADQ s'est engagée à éliminer les conseils d'agglomération, qui sont une source de mésententes et de frustrations profondes. Mais cela n'a pas convaincu M. Dulude, un libéral de longue date déçu. «On ne sait plus sur quel pied danser électoralement», a-t-il laissé tomber.

M. Dumont a terminé sa deuxième journée électorale par une brève entrevue à une station de radio de Victoriaville. Invité à se prononcer sur le dégel des droits de scolarité proposé par les libéraux, il a plutôt choisi de montrer du doigt André Boisclair, qui veut le statu quo. «M. Boisclair se cherche une bouée de sauvetage. Il veut une protestation des étudiants qui puisse lui être favorable», a tranché Mario Dumont.

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