L'avis de la Santé publique sur le jeu - Couillard laissera Loto-Québec poursuivre son plan de développement

Québec — L'avis critique des dix-huit directions de la santé publique du Québec (DSP) ne change en rien les projets immédiats du gouvernement de créer des complexes de jeu où seront combinés salons de jeu étatiques et hippodromes privés. Et c'est bien ainsi, estime le ministre de la Santé, Philippe Couillard.

Invité à commenter les inquiétudes soulevées mardi par les DSP, le ministre Couillard s'est dit à l'aise avec la décision gouvernementale de permettre à Loto-Québec d'implanter son nouveau concept. «Je soutiens cette décision comme membre du gouvernement, d'autant plus qu'elle s'accompagne de mesures de mitigation qui feront le vide pour 2,4 kilomètres autour des sites d'implantation», a indiqué le ministre de la Santé.

Il ajoute que Loto-Québec a entrepris «une diminution de l'offre de jeu». Rappelons toutefois que la société d'État a réduit le nombre de sites où l'on retrouve des appareils de loterie vidéo mais a augmenté au cours de la même période le nombre de machines à sous dans ses casinos.

Rapport noyé

Rendu public à la veille du déclenchement des élections générales, la journée même où le budget gouvernemental était déposé, l'avis des DSP est passé presque inaperçu.

De son côté, Loto-Québec a réagi rapidement puisque la société d'État avait bénéficié lundi d'une rencontre particulière avec la DSP de la Capitale-Nationale. Aussi, la même équipe de la DSP rencontrait après la conférence de presse du matin les divers intervenants en santé intéressés et concernés par l'avis public. Ces derniers n'étaient donc pas disponibles pour réagir publiquement.

Intervention nécessaire

Campagne électorale oblige, le ministre Couillard a rappelé que l'intervention gouvernementale dans l'industrie du jeu demeurait nécessaire afin d'éviter que cela ne tombe entre des mains moins fiables. En comparaison, l'industrie des courses de chevaux a coûté cher sous le gouvernement du Parti québécois en aide gouvernementale et il était normal que l'on procède à la privatisation des quatre hippodromes.

«Les courses de chevaux, je ne pense pas qu'il y a un Québécois qui accepte que cela fasse partie des missions prioritaires de l'État», a affirmé Philippe Couillard.

Le ministre a toutefois reconnu que l'implantation des salons de jeu permettrait de «rendre l'opération rentable». Le propriétaire des hippodromes, le sénateur Paul J. Massicotte, empochera 22 % des revenus générés par les appareils de loterie vidéo qui s'aligneront dans les salons de jeu.

Quant à la tenue éventuelle d'une commission parlementaire sur le jeu pathologique pour encadrer l'avenir de ce secteur, le ministre Couillard s'est montré ouvert. «J'accueille favorablement leur idée qu'avant de faire d'autres développements dans ce domaine, il faut attendre la définition du cadre de référence et avoir une politique globale», a dit Philippe Couillard.

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