Les solidaires ciblent trois circonscriptions

Pour son baptême d'élections générales, le jeune parti de gauche Québec solidaire amorce une campagne à trois vitesses.

Il y aura les campagnes pour «gagner», soit dans trois comtés, celles dites «intermédiaires», avec des candidats moyennement connus dans une vingtaine de circonscriptions, et enfin celles de «visibilité», explique la porte-parole de Québec solidaire, la militante féministe Françoise David.

Âgée de seulement un an, la formation prend position sur la ligne de départ avec des intentions de vote qui avoisinent les 5 % dans les récents sondages alors que son ancêtre, l'Union des forces progressistes, n'avait récolté qu'un maigre appui de 1 % en 2003. «Avec n'importe quel résultat au-dessus de 5 %, on serait content», affirme Mme David.

Compte tenu de ses ressources limitées, Québec solidaire concentrera ses énergies sur les circonscriptions de Mercier et Gouin, à Montréal, ainsi que sur celle de Taschereau, à Québec. Le Dr Amir Khadir se présentera de nouveau dans Mercier, où il avait terminé troisième en 2003 avec

18 % des voix. Françoise David sera quant à elle candidate dans le comté voisin de Gouin contre le péquiste Nicolas Girard. Dans Taschereau, c'est l'ex-président du Syndicat de la fonction publique du Québec, Serge Roy, qui fera la lutte à la péquiste Agnès Maltais. Ces trois candidats pourront compter sur des budgets qui se «rapprochent des maximums autorisés», a précisé Mme David.

Parmi la vingtaine de candidats «intermédiaires», mentionnons le syndicaliste de la CSN Arthur Sandborn (Saint-Henri-Sainte-Anne), le porte-parole du FRAPRU François Saillant (Rosemont), la militante féministe Manon Massé, qui avait fait bonne figure lors de l'élection partielle dans Sainte-Marie-Saint-Jacques l'an dernier, et l'organisateur communautaire Bill Clennett (Hull), immortalisé sur la photo où on voyait Jean Chrétien lui serrer le cou.

Hier, QS comptait 54 candidats officiels, une quarantaine d'autres devant être confirmés au cours des prochains jours. Il restait toujours à trouver des porte-drapeaux dans une trentaine de circonscriptions.

Des budgets symboliques

La plupart des candidats feront campagne avec un budget presque symbolique. Au total, QS prévoit dépenser entre 200 000 $ et 300 000 $ en comptant essentiellement sur des prêts de la part de sympathisants et sur des emprunts bancaires. «C'est suffisant pour que ce ne soit pas amateur», plaide Mme David.

Pour conférer davantage de crédibilité à sa vertueuse plate-forme, dévoilée en novembre, le parti promet de présenter un «cadre financier».

La note des engagements s'annonce salée: salaire minimum à 10 $ l'heure, hausse substantielle des prestations d'aide sociale, investissements massifs dans les transports en commun, chantier de 8000 logements sociaux, allocations parentales universelles, élimination graduelle des frais de scolarité, etc.

«Le sondage CROP de janvier nous a montré qu'il y a plus de gens qu'on le pense qui sont sensibles aux valeurs de Québec solidaire», croit Mme David, convaincue de rallier des péquistes déçus de la direction d'André Boisclair.

Toutefois, le projet d'alliance des forces progressistes que caressaient les fondateurs de Québec solidaire ne se concrétisera pas. La formation a en effet été incapable de rallier les verts, qui récoltent autant, sinon plus, d'intentions de vote que QS.

«Je ne critique pas les verts sur ce qu'ils disent mais plutôt sur ce qu'ils ne disent pas. Nous sommes aussi verts que les verts, mais nous ne sommes pas que ça», a déclaré Mme David.

À voir en vidéo