L'hôpital Lachine survivra

Les hôpitaux de Lachine et de LaSalle seront rebaptisés Centre hospitalier des Rapides.
Photo: Jacques Nadeau Les hôpitaux de Lachine et de LaSalle seront rebaptisés Centre hospitalier des Rapides.

Les destinées des centres hospitaliers (CH) LaSalle et Lachine seront officiellement réunies en une seule. Ainsi en a décidé le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, qui a confirmé hier son intention de mettre en oeuvre chacune des recommandations formulées par le Dr Abraham Fuks, au premier chef celle de maintenir une mission hospitalière sur chacun des deux sites qui seront bientôt fondus en un seul CH baptisé Centre hospitalier des Rapides.

Philippe Couillard met ainsi un terme à des années d'incertitudes quant au sort de ces deux établissements qui ont grandement souffert de la pénurie de main-d'oeuvre dans le système de santé. Les autorités jonglaient depuis plusieurs mois avec l'idée de changer la vocation du CH Lachine pour en faire un centre ambulatoire de jour. Mais le Dr Fuks a estimé qu'il valait mieux que le CH conserve sa vocation hospitalière entière. Il suggère qu'il en aille de même pour le CH LaSalle qui voit ainsi sa vocation confirmée.

Philippe Couillard, qui n'avait pas caché son intérêt pour un changement de vocation de l'hôpital Lachine, s'est rangé à son avis. «Si on maintient le statut hospitalier de ces établissements, ce n'est pas pour faire plaisir, mais parce qu'on en a besoin.» Et pour cause. Parmi les visiteurs des soins ambulatoires du Centre universitaire McGill (CUSM) 40 000 proviennent chaque année du secteur Dorval-Lachine-LaSalle. «Il est clair que plusieurs patients pourraient bénéficier de services cliniques plus près de leur domicile», note le Dr Fuks.

Concrètement, son rapport invite les deux CH à enterrer leurs différends en travaillant désormais à la même enseigne, celle du CH des Rapides. Le tout se fera au prix d'un repartage des spécialités où «toutes les unités cliniques présentement dédoublées devront être fusionnées», et cela, de manière «complémentaire et fluide». Pour encourager ce climat, tout le personnel médical aura accès aux deux sites. «Ce choix m'apparaît très important. C'est un symbole fort qui va favoriser la collégialité», croit le ministre Couillard.

Pour Lachine, ce partage signifiera l'introduction d'une nouvelle gamme de services en soins ambulatoires. Son urgence sera maintenue avec 30 lits de courte durée, son unité de radiologie sera agrandie, et des installations de médecine nucléaire seront créées. En signe de sa bonne foi, le ministre de la Santé et des Services sociaux a annoncé hier une subvention de 2,8 millions de dollars pour l'achat d'un appareil d'imagerie par résonance magnétique.

Quant à LaSalle, il conservera son mandat actuel relativement aux activités médicales, aux services gynécologiques et au soutien obstétrique. Une plus vaste gamme de services pédiatriques pourraient y être offerts, de concert avec l'Hôpital de Montréal pour enfants. Les deux sites pourront aussi compter sur le déploiement d'un groupe de médecine familiale (GMF) comptant des médecins de famille et des spécialistes.

Pour cela, le nouveau CH devra tendre la main aux instances du réseau universitaire de santé (RUIS) McGill, indique le Dr Fuks. Le RUIS s'est déjà engagé à fournir au CH des Rapides une aide soutenue, que ce soit pour le recrutement ou le déploiement de nouvelles cliniques spécialisées, comme un service chirurgical en obésité de basse intensité à Lachine.

Le ministre Couillard, qui rêvait de faire de Lachine «l'hôpital du XXe siècle» en le convertissant en centre d'évaluation diagnostique et de traitement de première ligne, croit avoir réussi son pari. «On maintient la mission hospitalière tout en offrant des activités ambulatoires, c'est le meilleur des deux mondes.» Un chargé de projets sera nommé sous peu par le ministère afin de mettre les changements en branle.

Notons que le plan Fuks a reçu l'aval du RUIS McGill, de la direction du CUSM et du doyen de la faculté de médecine de l'Université McGill. Idem du côté de la présidente du conseil d'administration du CSSS Dorval-Lachine-LaSalle dont relèvent les deux établissements. «Pour nous, il est clair que le statu quo était inacceptable et que la population gagne beaucoup avec ce plan», a déclaré Marie-Claude Jarry.

Le porte-parole de la table sectorielle de l'hôpital Lachine, le Dr Paul Saba, ne partage pas du tout son avis. Il croit au contraire que la population de Lachine perd encore au change avec ce plan qui ouvre la voie à un retour des ambulances, mais ne l'autorise pas. Il s'inquiète aussi de voir le rôle prépondérant que jouera le très anglophone RUIS McGill dans la destinée de son hôpital francophone. La table tiendra une conférence de presse aujourd'hui à ce sujet.
2 commentaires
  • France Lafontaine - Inscrit 20 février 2007 13 h 26

    Enfin!

    J'espère que l'hôpital de Lachine conservera aussi ses 118 lits d'hospitalisation et ses soins intensifs. On n'en fait pas mention dans cet article. Maintenant tout dépendra de ce que le RUIS McGill voudra bien.... On sait que cet organisme voulait fermer l'hôpital pour en faire un centre ambulatoire de jour !

    Bravo au comité de relance, aux élus (es) de l'arrondissement Lachine et au Dr Saba pour leur écoute de la population et pour leur persévérance. Nous comptons encore sur vous pour les prochains pourparlers avec le nouveau responsable et vous pouvez compter aussi sur nous....

    Espérons le retour des ambulances le plus tôt possible (je ne sais pas pourquoi ce n'est pas encore fait, où pourquoi il n'y a pas de date de déterminer). On avait déjà annoncé le retour des ambulances en février 2006, alors je retiens mon enthousiasme....

    Mais pour l'instant prenons-le comme une bonne nouvelle en souhaitant que tout se concrétise bientôt.

    France Lafontaine
    citoyenne de Lachine

    lafontainefrance@videotron.ca

  • Christiane Claude - Inscrite 21 février 2007 13 h 39

    Changer le mal de place

    Bonjour,
    ma mère de 84ans, native de Dorval, a été transportée à l'urgence de l'hôpital juive de Montréal en janvier dernier car on n' accepte plus d' ambulances à Lachine.Pendant 12 jours elle a été éloignée de sa famille, de parents aussi agés et d' amis du même patelin qui auraient pu non seulement la visiter mais aussi l' aider connaissant sa condition et la démarche des soins de nos hôpitaux.
    Rien pour le bien-être de la famille , rien pour améliorer la qualité de vie de la population vieillissante . Cette situation, dont je ne suis sûrement pas la seule à subir, est innacceptable.Je me demande sur quelle planète vivent nos politiciens quand je me sens brimée dans mes valeurs de charité, de compassion, de respect et d'humanité.
    Alors les belles paroles, les beaux projets, je n' y crois plus.
    Christiane Claude (cclau@sympatico.ca)