Les péquistes sont appelés à serrer les rangs autour de leur chef

Le chef du Parti québécois, André Boisclair, a promis un Québec «plus riche, plus juste, plus vert et plus près des régions» s’il remporte les prochaines élections.
Photo: Agence Reuters Le chef du Parti québécois, André Boisclair, a promis un Québec «plus riche, plus juste, plus vert et plus près des régions» s’il remporte les prochaines élections.

À quelques semaines du déclenchement probable de la campagne électorale provinciale, le chef péquiste André Boisclair a révélé cette fin de semaine quelques grandes lignes à saveur social-démocrate de la future plateforme électorale de sa formation, dans un effort pour souder des troupes souverainistes passablement échaudées. En clair, le Parti québécois développerait un Québec «plus riche, plus juste, plus vert et plus près des régions», selon l'expression employée par son chef samedi, à la Conférence des présidents des associations du parti.

Ainsi, un éventuel gouvernement péquiste mettra l'accent sur le développement de l'éducation, adoptera une loi sur la réduction des gaz à effet de serre, mettra en place une stratégie de réduction de la consommation de pétrole et révisera en profondeur le régime forestier. M. Boisclair a aussi promis de «faire sauter» la taxe sur l'investissement et d'établir une «fiscalité plus compétitive» pour créer un contexte plus «favorable à l'investissement». Le chef souverainiste a pris soin de préciser que cela ne se ferait pas au détriment des «valeurs social-démocrates» que défend le parti.

André Boisclair a en outre fait valoir qu'il offrirait plus de responsabilités et d'autonomie pour le monde municipal. «On doit cesser de leur demander des comptes comme si elles étaient des enfants. On va revoir les lois pour que les municipalités soient plus autonomes, qu'elles aient des stratégies de création d'emplois», a-t-il lancé aux militants péquistes réunis à Québec. Il a également dit qu'il comptait être plus attentif aux besoins des régions.

S'il est revenu sur les événements des derniers jours, c'est pour réaffirmer son attachement au Parti québécois. «Les derniers jours, pour moi, ça été l'occasion de renouer avec ce que le Parti québécois a de mieux à offrir, a-t-il dit. On en a fait des téléphones, on a parlé à des gens, on s'est assis deux jours avec le caucus, avec les candidats. On a réussi à se parler, à se comprendre, mais, surtout, à lire ce que les Québécois nous disent.»

Solidarité

Et le mot d'ordre était visiblement au ralliement des troupes à la Conférence des présidents des associations du Parti québécois qui s'est tenue samedi à Québec. La présidente du parti, Monique Richard, a elle-même rappelé à plusieurs reprises que les souverainistes devaient faire preuve de «solidarité», et ce, malgré les «écueils». «Nous avons la responsabilité, malgré des écueils, malgré des difficultés, de continuer résolument cette marche de la souveraineté du Québec», a déclaré Mme Richard. «Pour gagner la prochaine élection et nous donner les moyens de réaliser la souveraineté, nous devons être forts, unis et solidaires», a-t-elle ajouté.

Monique Richard a par ailleurs dit sentir, à l'instar de M. Boisclair, une «volonté ferme et déterminée de se débarrasser du gouvernement Charest. Il n'y aura pas de deuxième mandat pour ce gouvernement qui détruit des acquis sociaux, des acquis économiques et des acquis pour les familles gagnés de chaude lutte par la population du Québec».

Adoptant une attitude offensive, M. Boisclair a pour sa part invité le premier ministre Jean Charest à «s'excuser publiquement pour avoir menti» lors du dernier scrutin, en 2003. Selon lui, le chef libéral devrait s'excuser pour avoir adopté la loi 142 qui fixait par bâillon les conditions de travail des syndiqués du secteur public, pour avoir privatisé le Parc national du Mont-Orford, pour avoir haussé les tarifs des garderies, pour avoir maintenu en dehors des délais médicalement acceptable 33 000 patients sur les listes d'attente, pour avoir augmenté la dette du Québec et maintenu les régions dans un «état lamentable».

Il s'est même avancé sur le terrain glissant des accommodements raisonnables, affirmant que les principes de la Charte québécoise des droits et libertés étaient «non négociables», «qu'on soit arrivé ici avec Samuel de Champlain ou avec Air Transat».
2 commentaires
  • Pierre Henri - Inscrit 5 février 2007 07 h 37

    La souveraineté

    La cause est plus importante que les individus qui la servent.

    La souveraineté appartient à tous les Québécois, c'est à eux et elles qu'il appartient de la prendre.

    Le Parti Québécois est présentement le véhicule le plus crédible capable de nous conduire à la souveraineté. Il y a
    de la place pour tout le monde.

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 5 février 2007 10 h 47

    Lettre à M. Boisclair

    M. Boisclair,

    On dit que vous avez amené 40 000 nouveaux membres au
    Parti Québécois lors de la course à la chefferie.

    Pourriez-vous recontacter ces gens ou aller en
    chercher d'autres pour activer notre marche vers
    l'Indépendance et gagner les prochaines élections.

    Raymond