Tourmente au Parti québécois - Boisclair veut ramener les souverainistes au bercail

André Boisclair traverse une semaine éprouvante en raison de la charge menée contre son leadership par celui à qui il a succédé, Bernard Landry. Hier, le chef péquiste a indiqué qu’il ne se laisserait pas abattre si facilement et qu’il était
Photo: Jacques Nadeau André Boisclair traverse une semaine éprouvante en raison de la charge menée contre son leadership par celui à qui il a succédé, Bernard Landry. Hier, le chef péquiste a indiqué qu’il ne se laisserait pas abattre si facilement et qu’il était

Québec — André Boisclair s'est donné l'objectif de stopper la désaffection croissante des souverainistes envers le Parti québécois.

«Le défi, c'est de lancer un appel à tous les souverainistes de revenir au Parti québécois», a dit André Boisclair à l'issue de la première journée du caucus de ses députés qui se termine aujourd'hui. Le chef a indiqué qu'il sera question de souveraineté en campagne électorale et a réitéré son engagement à tenir un référendum le plus rapidement possible au cours du prochain mandat.

Le chef péquiste émergeait ainsi d'une semaine de tourmente où son leadership fut mis à mal par les sorties publiques de Bernard Landry. André Boisclair a dit qu'il allait écouter le message que tous ses députés lui ont livré hier: «Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.» Il est en mesure de changer. «Parce que j'apprends, je change», a-t-il dit.

Plusieurs souverainistes, dont Bernard Landry, craignent que le leadership défaillant d'André Boisclair ne compromette pour longtemps l'accession du Québec à la souveraineté. «Le PQ connaît des ratés dans le leadership. Il est clair que, si rien ne change, on s'en va nulle part», a soutenu hier le président du Conseil de la souveraineté, Gérald Larose. L'ancien chef syndical a rappelé qu'il y a plus de souverainistes que de péquistes. «Je suis toujours surpris que les grands stratèges électoraux n'aient pas tiré la conclusion que ce qui est mobilisateur, c'est la question de l'indépendance du Québec.»

Si les intentions de vote en faveur du PQ se situent à 32 %, comme le montre le dernier sondage Léger Marketing-Le Devoir, l'appui à la souveraineté-association, de son côté, se maintient à 45 %.

Hier, les députés péquistes ont pris connaissance des grandes lignes de la plate-forme électorale du parti. André Boisclair a donné un bref aperçu de deux thèmes qu'il entend exploiter lors de la campagne électorale. «Nous aurons un propos sur le développement économique», a-t-il dit. «Nous sommes au PQ très préoccupés par la situation économique», surtout dans les régions. «Nous devons, au Québec, faire en sorte d'être plus compétitifs, de créer plus de richesse chez nous.»

Le chef péquiste s'est aussi engagé «à faire une loi sur les changements climatiques». Un gouvernement péquiste exigera davantage du secteur privé en matière de protection de l'environnement.

Lors de la prochaine campagne électorale, le PQ «ne sera pas le même qu'en 2003», a dit M. Boisclair. Les valeurs social-démocrates du PQ seront «actualisées» autour d'un réinvestissement en éducation et d'un soutien à la petite enfance.

En matière d'accommodements raisonnables, André Boisclair propose l'imposition d'un «code de référence» pour guider tous les administrateurs publics. Le gouvernement mandaterait un forum de sous-ministres pour répertorier les pratiques qui ont cours en matière d'accommodements raisonnables. «Le principe de l'égalité entre les hommes et les femmes est un principe incontournable», a dit le chef péquiste. Ainsi, il ne serait pas question que la Société d'assurance automobile du Québec puisse continuer cette pratique révélée par La Presse: faire en sorte que ce soient exclusivement des évaluateurs masculins qui fassent passer les examens de conduite aux juifs hassidiques.

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1 commentaire
  • Jacques Gagnon - Abonné 2 février 2007 11 h 24

    Qui fait fuir ?

    Je ne suis pas convaincu que M. Boisclair soit le facteur déterminant dans la fuite des souverainistes. Les partis politiques sont des appareils technocratiques avec paliers décisionnels et de nombreux individus qui augmentent l'inertie et tendent à centraliser afin d'assurer leur permanence. Cela rend moins agile et tend au paternalisme et à l'infantilisation de ceux qui sont dans le feu de l'action, les militants bénévoles. Ce sont eux qui fuient devant le peu de considération qu'ils reçoivent. De plus, le parti québécois est une coalition pour la souveraineté et non pour la vision gauchisante ou conservatrice. On découvre maintenant que des anciens ministres étaient et sont des gens de droite. Les problèmes que soulève cette profession de foi sociale-démocrate sont énormes pour le chef. Il faut toujours assortir la volonté de souveraineté à un projet de société qui ne peut obtenir consensus. Comme si le Québec souverain ne tolèrerait plus d'autre tendance que la sociale-démocrate. Comme s'il fallait être dans un camp ou un autre, alors qu'il n'y en a qu'un qui fait consensus et c'est celui de l'article 1 du programme de ce parti.