Le caucus se range derrière Boisclair

André Boisclair dit avoir demandé conseil à Jacques Parizeau. «Il est tellement gentil, M. Parizeau. [...] Critique, exigeant, loin d’être complaisant. Mais il a été généreux de ses conseils. Je lui suis, sur ces questions, éternellement reco
Photo: Jacques Nadeau André Boisclair dit avoir demandé conseil à Jacques Parizeau. «Il est tellement gentil, M. Parizeau. [...] Critique, exigeant, loin d’être complaisant. Mais il a été généreux de ses conseils. Je lui suis, sur ces questions, éternellement reco

Québec — Devant l'imminence des élections et la crainte de mordre la poussière, les députés du Parti québécois, réunis en caucus aujourd'hui et demain, serreront les rangs derrière André Boisclair. La dernière sortie de Bernard Landry et ses velléités de frondeur ont déplu aux élus péquistes.

En matinée hier, le chef du Parti québécois, André Boisclair, s'est prêté à une entrevue soft à l'émission radiophonique de Christiane Charette de Radio-Canada au cours de laquelle il a fait preuve de mansuétude envers Bernard Landry, évitant de jeter de l'huile sur le feu. «Je souhaiterais que Bernard Landry soit à nos côtés lors de la prochaine campagne électorale», a dit M. Boisclair. Puis, qualifiant l'ancien chef péquiste de «militant exemplaire», M. Boisclair a versé dans l'humilité et la contrition: «Je pense que je pourrai mériter sa confiance. J'entends le message.»

Après avoir essuyé mardi les sévères critiques de M. Landry, qui s'est répandu dans les médias pour l'accuser d'avoir conduit le parti à la «déconfiture», André Boisclair a demandé conseil à Jacques Parizeau, a-t-il révélé. «Il est tellement gentil, M. Parizeau. [...] Critique, exigeant, loin d'être complaisant. Mais il a été généreux de ses conseils. Je lui suis, sur ces questions, éternellement reconnaissant.»

André Boisclair a ensuite souligné la générosité des «belles-mères» péquistes. Le PQ, ce n'est pas juste un parti «qui envoie son chef à l'abattoir comme souvent on le caricature», a-t-il dit. «On a tellement parlé des belles-mères, comme si c'était l'enfer pour moi à gérer. La réalité, c'est que je suis entouré de gens généreux qui croient en moi, qui sont prêts à donner des conseils. [...] Je les écoute, je les entends et je vais faire en sorte que les prochains jours il y a des choses qui changent.»

Le chef péquiste a passé sa journée, hier, à préparer la réunion du caucus de deux jours qui sera suivi de la conférence des présidents du PQ samedi. C'est lors de ce caucus que les députés prendront connaissance pour la première fois de la plate-forme électorale du parti.

Plusieurs députés n'avaient pas la même indulgence que leur chef à l'égard de Bernard Landry. «La réaction a été plutôt négative», a indiqué au Devoir le député de Rousseau, François Legault. À deux mois des élections, ces critiques de M. Landry proférées sur la place publique ne sont guère avisées. «Les députés en font, des remarques négatives [au chef], mais ils le font en privé», a dit M. Legault.

«M. Landry devrait profiter de sa retraite. Il est en train de faire la démonstration qu'il a pris la bonne décision en démissionnant comme chef du PQ», a dit plus méchamment un député péquiste qui a voulu garder l'anonymat.

Un retour de Bernard Landry à la tête du PQ avant les prochaines élections, «c'est surréaliste, cette histoire-là», estime le député de Vachon, Camil Bouchard. «Je ne pense pas que ce soit dans le rétroviseur qu'on organise l'avenir. Je crois que Bernard Landry a eu son temps, a fait son temps aussi», a indiqué l'ex-député de Borduas, Jean-Pierre Charbonneau.

À l'été 2005, le député bloquiste de Saint-Lambert, Maka Kotto, a participé à un mouvement souhaitant le retour de Bernard Landry à la tête du PQ, mouvement qui avait lancé une pétition en sa faveur. C'était avant l'élection d'André Boisclair. Il a été élu démocratiquement et la démocratie, on la respecte, dit aujourd'hui M. Kotto.

Hier, à Ottawa, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a rappelé que «la démocratie existe dans des partis comme le Parti québécois, comme le nôtre. M. Landry a choisi de démissionner. Il doit l'assumer».

Camil Bouchard a tenu à rappeler la seule donnée du sondage Léger Marketing-Le Devoir qui peut apparaître encourageante pour les péquistes: 58 % des Québécois estiment que les libéraux de Jean Charest ne méritent pas d'être réélus. «Les Québécois sont à l'affût d'une solution de remplacement. La porte est grande ouverte», juge le député. La plate-forme électorale, du moins ce qui en sera dévoilé avant la campagne électorale, aidera André Boisclair à faire connaître ses idées. «On va arrêter de discuter du chef et on va discuter de ce qu'on a à proposer. On va proposer de construire un pays, ce n'est pas rien», a souligné M. Bouchard.

Il ne faut donc pas tenir le PQ pour battu malgré les mauvais sondages. «On se sent tous menacés là-dedans. Il y a un mouvement dans la menace: ça peut nous servir de carburant», croit-il.

Du côté du SPQ libre (Syndicalistes et progressistes pour le Québec libre), on trouve que la mise au point apportée par André Boisclair sur sa déclaration concernant le copinage des gouvernements péquistes avec les centrales syndicales et les «repas arrosés» n'a pas été assez marquée. «C'était faible comme mise au point et on va revenir là-dessus à la Conférence des présidents», a dit Pierre Dubuc, du SPQ libre.

André Boisclair continuera à avoir maille à partir avec ce club politique. Dans une lettre envoyée au Devoir, le SPQ libre dénonce le New Labour de Tony Blair parce que le chef péquiste a révélé à Paris toute son admiration pour ce type de social-démocratie dont il veut s'inspirer pour le Québec.

En outre, l'ancien ministre péquiste Paul Bégin a lui aussi fait parvenir une lettre au Devoir dans laquelle il dénonce les propos d'André Boisclair sur les syndicats. «M. Boisclair est-il en train de mettre un terme à une relation privilégiée entre le Parti québécois, les syndicats et les salariés qui dure depuis plus de 30 ans pour se rapprocher du patronat, de l'argent et des grands de l'argent?», se demande Paul Bégin.

Avec la collaboration d'Antoine Robitaille et d'Alec Castonguay

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7 commentaires
  • Richard Gingras - Inscrit 1 février 2007 01 h 52

    Quel visage a le PQ, je me le demande

    Construire un pays, je suis d'accord, mais pas avec des centrales syndicales qui tiennent le gouvernement par les ... et qui font passer les intérêts de ses membres avant ceux du Québec. Je ne suis pas un partisan de Boiclair mais j'ai l'impression que le vrai visage du PQ, son parti, se dévoile depuis quelque jours, et il n'est pas beau, même plutôt laid.

  • julien arsenault - Inscrit 1 février 2007 06 h 37

    le temps passe vite

    Cette remarque d'un député PQ avancant que Monsieur Landry est en train de démontrer qu'il avait raison de démissionner est tout à fait appropriée. Il démontrer aujourd'hui qu'il est pris de panique depuis mars 2003 alors qu'il sentait que le PQ perdait des appuis importants favorisé en cela, par Mr Parizeau le soir du débat Charest Parizeau. Il est de bonne mise ici de parodier Duplessis " Toé tais-toé" Trop de monde veulent être chef dans ce parti depuis le départ de René Levesque. Les véritables débats de fond n'émergent donc pas et le parti continuera ainsi de se diluer avec le départ récent de recrues nouvelle vague expérimentées comme Valois et Stéphane Tremblay. Monsieur Boisclair aurait avantage à aller prendre de l'expérience à Ottawa maintenant que Monsieur Duceppe y a obtenu un performance qui le rend frais et dispos pour Québec. J.Arsenault julienart@sympatico.ca

  • Françoise Labelle - Inscrite 1 février 2007 08 h 25

    Fin de la cabale?

    Lâchez pas, les journalistes, vous allez l'avoir, le gai-qui-a-battu-ste-marois!
    Il suffit de continuer à lui demander des choses impossibles: faire taire ses détracteurs, pendant la course à la chefferie (faut le faire!); critiquer ses moindres mouvements: j'ai pas encore compris le «scandale» de la tente, ou plutôt je pense que je comprends très bien; retenir ce qu'on veut bien: on retient le crucifix plutôt que l'alignement sur la laïcité (mme Boileau, hier). On omet les magnifiques erreurs de jugement de ses rivaux: jétais-pas-prêt-du-tout! Suroît, bâillon-bâillon, gaffes magistrales du ministre du Développement et du Sirop d'érable (Orford, abandon de 80% des milieux humides aux promotteurs), anihilation de la fonction publique en faveur de ppp non fonctionnelles créées en douce... On a oublié le girouettisme patenté de Mario (le fédépendantiste qui défend le riche et le petit peuple), parce que, lui, i fâ pitié! Élisez-moi, moi aussi je suis prêt (tatou!).
    Les journalistes se discréditent quotidiennement.
    Je ne veux pas de ce Québec, intolérant et, surtout surtout, hypocrite comme les bigots du sud.
    Boisclair est un révélateur. Quand tu veux noyer ton chien, tu dis qu'il a la rage.

  • renaud Ledoux - Inscrit 1 février 2007 10 h 10

    désinformation ou manipulation de l'opinion publique: un débat qui s'enlise

    Alors que manifestement certains faits politiques s'incrustent dans le paysage de la politique québécoise et que le PQ semble sous les feux de la rampe, il peut être intéressant de constater l'énorme différence entre les informations fournies par les médias.

    En effet, en ce 1er février 2007, il est manifeste que la neutralité des informations est loins d'être de mise, à la une de radio-canada.ca, on peut y lire que boisclair va affronter ses députés dans les prochains jours, alors que Le Devoir présente la nouvelle que le caucus des députés soutient son chef.

    Mais comment comprendre cette nouvelle sinon que le mouvement souverainiste québécois est non seulement victime de son propre jeu,par la prise de position tranchée, mais surtout qu'il est dans une éternelle remise en question.

    Bien qu'il soit vrai que cela est partie intégrale de la politique d'émettre ses opinions, nous pouvons tout de même nous consterner qu'un média public comme radio-canada, financé autant par les souverainistes et fédéralistes, continue d'outrepasser les principes de neutralité au profit d'une propagande bon marché basé sur des propos qui heureusement arrive bien avant la campagne électorale.

    Et que dire de l'émission de RDI de cette semaine qui se plaisait avec quelques analystes à poser la défaite inévitable du PQ aux yeux de tous. Vous pouvez comprendre que j'ai un parti prix et cela est normal. Mais il faut comprendre que les médias ne devrait pas nous ingurgiter des propos, leur rôle devrait être d'informer selon les faits pour que nous puissons par nous même nous faire un opinion.

    Tandis qu'en nous projettant une incessante propagande, il demeure à nous de décanter l'information et cela peut causer quelques maux, quelle est la réalité? À quelle subjectivité devons-nous nous accrocher? Scribouillé et balbutié comme un prêt-à-parler, le discours politique sur la situation au PQ me déchante et me fais penser qui si le gouvernement libéral, provoquant une consternation et un mécontentement généralisé hors de l'ordinaire, pourrait être réélu, c'est peut-être grâce à la désinformation partisane dont nous sommes les premières victimes où le culte du chef prend toute la place comprativement au contenu.

    On donne Charest gagant alors que l'on ne connaît pas ses idées, à part que la santé le tient à coeur, etc. Cependant, il vrai que si nous voulons être juste, nous devons également critiqué le PQ. Une critique qui ne devrait pas être porté pour les propos d'un chef deux avant la campagne, mais plutôt du manque d'intérêt péquiste, surtout Boislcair, à propos de la souveraineté...Alors petit conseil à prendre ou à laisser pour le PQ: nous devons 2 champs de bataille 1- LA SOUVERAINETÉ 2-L'Éducation et la gratuité scolaire!!!!

  • édith baron-lafrenière - Inscrite 1 février 2007 14 h 05

    le PQ ne cesse de se saboter!

    Les exdéputés et les membres actuels du PQ font tout pour que le parti libéral remporte les prochaines élections. ca me fait penser aux Trudeau-Chrétien, natifs de montréal mais anglicisés qui ont tout fait pour nous faire croire qu'ils nous respectaient alors qu'ils nous méprisaient. Je me demande si le PQ ne se sacre pas du monde qui croit à l'indépendance du Québec et ne pense qu'à son égo. Que la souveraineté c'est un cours offet à l'université c'est tout!!!QUE LES HAS BEEN LANDRY MICHAUD, DAOUST ET COMPAGNIE SE BAIGNENT DANS LEUR PISCINE EN BUVANT LEUR VIN OBTENU PAS CHER!!!