Négociations entre Québec et les médecins spécialistes - Guy Coulombe sera médiateur

C'est à l'administrateur Guy Coulombe qu'incombera la délicate tâche de concilier en médiation les demandes salariales des médecins spécialistes du Québec et la capacité de payer du gouvernement.

La nomination de M. Coulombe comme médiateur de ce litige a été annoncée conjointement par les deux parties hier, au lendemain de la signature d'une entente de principe qui a désamorcé la crise des spécialistes. Après s'être entendus sur les conditions de la levée des moyens de pression exercés par les spécialistes et sur un plancher salarial de discussion pour la médiation, les deux parties se donnent rendez-vous dans deux semaines pour amorcer ce processus.

Les travaux devront prendre fin au plus tard le 31 août. Si la médiation échoue à trouver un terrain d'entente sur la question du rattrapage salarial et d'autres clauses de conditions de pratique, un conseil d'arbitrage prendra la relève et imposera une décision. Comme Le Devoir l'annonçait hier, c'est l'avocat Richard Drouin qui présidera cet arbitrage. Les travaux du conseil devront être terminés avant la fin de 2007.

Sociologue, Guy Coulombe a été un des artisans de la Révolution tranquille avant de devenir le bras droit du premier ministre René Lévesque pendant son premier mandat. Il a ensuite dirigé la Société générale de financement avant de prendre les commandes d'Hydro-Québec jusqu'en 1988. Depuis, il a oeuvré comme négociateur, a été directeur général de la Sûreté du Québec et de la Ville de Montréal et s'est occupé de l'importante commission d'enquête sur la gestion de la forêt publique. Au moment de lui remettre un doctorat honorifique cette année, l'UQAM l'a qualifié «d'homme des tâches impossibles».

Pour sa part, Richard Drouin a aussi été à la tête d'Hydro-Québec (de 1988 à 1995) et siège à de nombreux conseils d'administration. Il est notamment président du conseil d'administration d'Abitibi Consolidated.

Par ailleurs, la décision du gouvernement d'annuler la loi spéciale 37 pour répondre aux exigences des médecins risque de susciter des demandes. Hier, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (l'ancienne FIIQ) s'est dite bien heureuse pour la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ)... mais elle souhaite maintenant que le gouvernement abroge la loi 142, imposée en décembre 2005 aux 500 000 employés de l'État pour déterminer leurs conditions de travail.

Dans la foulée de l'accord FMSQ-Québec, l'Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES) a aussi rappelé sa présence au ministre Philippe Couillard. Au cours des prochaines semaines, l'APES voudrait ouvrir une ronde de négociation autrement prévue en 2010 pour combler l'écart de rémunération entre les pharmaciens qui travaillent dans les hôpitaux et ceux du secteur privé. Ce qui vaut pour les uns vaut pour les autres, dit-on.

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