SOS Orford parle d'un «Boxing Day du patrimoine national»

Le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP), Claude Béchard, dilapide 18 millions de fonds publics avec sa vente au rabais du Mont-Orford, l'équivalent d'un «Boxing Day du patrimoine national», selon SOS Orford qui réagissait hier à l'appel d'offres lancé vendredi dernier par le gouvernement Charest.

De son côté, la Coopérative de solidarité du Mont-Orford, dont le projet est exclu d'entrée de jeu par l'appel d'offres, a néanmoins l'intention de poursuivre encore plus intensément sa levée de fonds en vendant des parts sociales. Le poids du public fera pencher la balance, estime la coop, d'autant plus que l'appel d'offres gouvernemental ne respecte pas, à son avis, la loi d'expropriation de la montagne, qui oblige le gouvernement à prendre en considération les paramètres sociaux et les partenariats locaux dans le choix d'un soumissionnaire, et non seulement le critère du prix.

L'appel d'offres du ministre Béchard exige la construction d'au moins 290 unités de logements et de 100 résidences de villégiature, alors que le projet de la coopérative, connu depuis des mois, repose principalement sur un projet d'auberge de 80 unités «familiales», afin de toucher le moins possible la montage et de maintenir les activités du centre de ski. La coop veut aussi mettre en valeur les ressources locales au plan de l'hébergement et du commerce au lieu de leur faire concurrence. L'appel d'offre exige plutôt la construction, au pied de la montage, d'un complexe commercial de 3000 à 4000 mètres carrés.

De son côté, SOS Orford estime qu'exiger 2 millions pour la montagne constitue une véritable liquidation du patrimoine public. La partie privatisée du Mont-Orford vaut, à son avis, au bas mot 19,6 millions au «prix plancher» de la région. Il est inadmissible, selon le groupe citoyen, d'exiger moins d'un promoteur qui vendra pour 246 millions d'espaces résidentiels et commerciaux, qui lui rapporteront au moins 46 millions de profits. SOS dénonce aussi le profilage de cet appel d'offre taillé sur mesure éliminer la coopérative, «une alternative citoyenne et responsable», beaucoup plus compatible avec un développement durable de la montagne.

Quant à la coopérative, elle soulevait hier des doutes sur l'évaluation des actifs de Mont-Orford inc., évalués par Québec à 12,6 millions. Le groupe pose plusieurs questions. Pourquoi demande-t-on 740 000 $ pour un parc à glissades qui n'existe pas? Pourquoi demande-t-on 19 000 $ pour un remonte-pente vieux de plus de

40 ans, un prix qui ne couvre pas son démantèlement? Que représente le demi-million inscrit sous la rubrique «Autres», alors que toutes les bâtisses et actifs sont déjà inscrits avec leur valeur respective?

SOS et la coopérative s'indignent aussi du fait que le parc régional n'a pas d'existence certaine dans le plan de Québec, alors qu'il devait en avoir une selon la proposition de la MRC. Cette dernière fait office de «dindon de la farce» au menu de Noël apprêté par le ministre Béchard pour les promoteurs, car, selon SOS Orford, l'essentiel des propositions de la MRC ont été écartées au profit de celles du promoteur en place, qui se retrouve avec un appel de proposition taillé sur mesure pour son projet.
 
1 commentaire
  • Jean-Pierre Carignan - Inscrit 20 décembre 2006 07 h 34

    Une question s'impose

    Comment Québec peut vendre des terrains qui lui ont été cédés par des particuliers dans le but de créer un parc.
    N'y aurait-il pas une clause dans les actes de cession qui oblige Québec à conserver la vocation de parc sous peine de rétocession automatique ?