La décentralisation se fera au ralenti

Québec — La décentralisation en faveur des régions, à laquelle le premier ministre Jean Charest s'était engagé formellement lors du Forum des générations en octobre 2004, se fera à petits pas.

C'est ce qu'a fait savoir, hier, la ministre des Affaires municipales et des Régions, Nathalie Normandeau. «Il n'y aura pas de grande nuit de la décentralisation. On y va progressivement», a-t-elle dit lors d'un point de presse en marge du colloque des municipalités régionales de comté (MRC).

Aux assises annuelles de la Fédération québécoise des municipalités (FQM) de la fin de septembre, Mme Normandeau, devant l'impatience manifestée par le monde municipal en région, avait promis de lancer dès cet automne au moins trois projets-pilotes de décentralisation en faveur d'autant de MRC. Or aucun projet-pilote ne verra le jour cette année.

Le président de la FQM, Bernard Généreux, accusait le gouvernement de traîner les pieds lors d'un entretien au Devoir il y a quelques jours. Mais hier, il était tout miel. «Plus que jamais, il y a un rendez-vous avec la décentralisation, a-t-il dit hier. Les planètes commencent à s'aligner.»

Des 87 MRC que compte le Québec, 13 viennent de proposer un plan de décentralisation dans le but de lancer leur projet-pilote. Quatre autres MRC ont manifesté leur intérêt hier, a signalé M. Généreux.

Parmi les activités que les MRC voudraient accaparer et qui sont souvent associées à des sources de revenus, on note les baux de villégiature (la location des chalets sur les terres publiques), la gestion de la forêt publique, le zonage agricole, la Sûreté du Québec sur leur territoire et l'application des règles environnementales. Certaines MRC voudraient récupérer la taxe scolaire et assumer des responsabilités confiées aux commissions scolaires à l'heure actuelle: la gestion des immeubles du réseau scolaire et le transport des écoliers.

Même si cette décentralisation ne se matérialise pas encore, Mme Normandeau n'en démord pas: «On est passés à l'action», a-t-elle soutenu. La ministre a cité l'exemple des conseils régionaux de développement (CRD), dont les responsabilités ont été cédées aux MRC en 2003. Elle a également parlé de la stratégie énergétique du Québec, qui permet aux MRC et aux municipalités de lancer des projets de petites centrales électriques et de parcs éoliens.

Par ailleurs, Mme Normandeau a révélé que le gouvernement dévoilera d'ici quelques jours sa nouvelle politique sur la ruralité. Cette politique, dont les MRC sont «les territoires d'assise», proposera d'accroître les enveloppes budgétaires liées aux pactes fiscaux avec les petites municipalités, a précisé la ministre.

À voir en vidéo