Couillard nie les allégations de financement illégal

Philippe Couillard
Photo: Jacques Nadeau Philippe Couillard

Québec — Une vengeance serait à l'origine des accusations de financement illégal proférées contre le ministre de la Santé, Philippe Couillard, par une ancienne employée, Diane Bougie, congédiée en 2004.

C'est du moins ce que soutient l'entourage du ministre, en affirmant que les allégations de l'ex-attachée politique sont totalement sans fondement.

Cependant, M. Couillard — de même que sa directrice de cabinet, Johanne Whittom — était au courant que Mme Bougie effectuait du travail de financement au profit du Parti libéral du Québec (PLQ) lorsque son nom figurait sur la liste de paie du cabinet.

«Il le savait qu'elle en faisait. Cela n'a jamais été caché, mais cela devait se faire en dehors des heures de travail», a précisé l'attachée de presse du ministre, Isabelle Merizzi, hier, lors d'un entretien téléphonique.

Elle rappelle que les employés de cabinets ministériels demeurent des militants du parti et qu'à ce titre il leur arrive de participer à diverses activités partisanes, y compris du financement, les soirs et les week-ends.

Mais elle soutient que le ministre Couillard et Mme Whittom n'ont appris qu'après avoir congédié Mme Bougie, en mai 2004, que cette dernière avait effectué des activités de financement pendant ses heures de travail.

«C'est une décision qu'elle a prise personnellement, qu'elle ne s'est pas fait imposer», ajoute Mme Merizzi, en disant que la majorité des employés du cabinet ne font pas de financement.

Quoi qu'il en soit, le Directeur général des élections (DGE) a annoncé hier qu'il vérifierait les allégations de Mme Bougie.

La veille, cette dernière, dans un reportage de Radio-Canada, soutenait qu'elle avait sollicité des fonds pendant ses heures de travail, en contravention de la loi, à l'occasion d'un cocktail de financement, en octobre 2003, dans la circonscription de Mont-Royal, représentée par le ministre Couillard. Elle prétend que le ministre et sa directrice de cabinet étaient au courant.

Selon elle, ses démarches auraient rapporté 25 000 $ au parti.

De son côté, le PLQ a indiqué que Mme Bougie n'a jamais été autorisée à solliciter et à recueillir des fonds pour le parti, comme le prévoit l'article 92 de la Loi électorale, et qu'elle n'a jamais signé un seul reçu pour des contributions effectuées.

Le directeur général du parti, Robert Parent, a indiqué dans un communiqué qu'il avait communiqué avec le DGE, dès hier matin, pour lui assurer, après vérification, que l'activité de financement d'octobre 2003 s'était déroulée «en total respect de la Loi électorale et des règles concernant le financement des partis politiques».

Selon la porte-parole du ministre Couillard, il n'existe aucun lien entre le congédiement de Mme Bougie et ses activités de financement.

Cette dernière est entrée au cabinet du ministre de la Santé au début du mandat, au printemps 2003, et a été remerciée en mai 2004.