Fonds d'intervention économique régionale - L'opposition péquiste conclut à l'échec du programme libéral

Québec — Les Fonds d'intervention économique régionale (FIER), créés par le gouvernement au printemps 2004 pour stimuler le développement des régions, constituent «un échec lamentable», selon l'opposition péquiste.

Deux ans et demi plus tard, deux députés du Parti québécois, Normand Jutras et Sylvain Pagé, en viennent à la conclusion que cette initiative n'a pas eu les retombées espérées et qu'il est pratiquement impossible de savoir combien d'emplois ont été créés grâce à elle.

«Il y a quelque chose d'un peu honteux», quand on fait le bilan du programme, selon le député Sylvain Pagé.

Au cours des 32 derniers mois, Québec s'est engagé à investir plus de 400 millions de dollars dans ces FIER et «à peu près aucun emploi n'a été créé», déplore M. Pagé.

Cependant, de son côté, Investissement Québec, gestionnaire des fonds, affirme que 171 emplois ont vu le jour en régions au total grâce aux FIER, en plus de 822 emplois qui ont été maintenus, ce qui, de toute façon, «est loin d'être un succès», selon M. Pagé.

Annoncée en mars 2004 par l'ex-ministre des Finances Yves Séguin, la formule de FIER devait stimuler le développement économique régional par des investissements conjoints du secteur privé et du secteur public. Quand un investisseur était prêt à mettre 1 $ dans un projet de démarrage d'entreprise, Québec ajoutait 2 $.

Or, selon les informations obtenues par les députés péquistes en vertu de la Loi d'accès à l'information, seulement 7 millions ont à ce jour été réellement investis dans une quinzaine de projets de six régions.

«C'est un échec lamentable», a déploré le député de Drummondville, Normand Jutras, hier en conférence de presse.

Les données recueillies par les deux députés sont incomplètes, car certains FIER contactés ont refusé de fournir les informations demandées, même si des fonds publics sont en cause, ce qui a mécontenté les deux députés, inquiets d'un tel «manque de transparence».

À l'origine, ces fonds devaient aider les PME à lancer leurs activités et à se maintenir durant les premières phases de leur développement.

Le montant d'aide maximale peut varier de 750 000 $ à 1 million par entreprise.