Congrès de l'ADQ - Dumont promet une plate-forme électorale pragmatique

Trois-Rivières — Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, veut que son parti soit le premier à présenter son programme électoral et s'est engagé à le rendre public d'ici à Noël. Mais l'abolition des commissions scolaires n'y figurera pas malgré une résolution en ce sens adoptée par les militants adéquistes.

L'ADQ n'aura pas le temps, d'ici au dévoilement de sa plate-forme électorale, d'accoucher d'une solution de rechange aux commissions scolaires et de mener des consultations à ce sujet avec le milieu de l'éducation, a indiqué, hier, Mario Dumont lors de la conférence de presse qui clôturait le 6e Congrès général de la formation politique. «Penser que tout cela sera fait d'ici quelques semaines, ça me paraît optimiste», a-t-il dit. Son parti s'engagera toutefois à dégraisser l'administration du réseau de l'éducation. «On est commis à un grand ménage, à un grand dégraissage de l'administration pour remettre de l'argent dans les écoles.»

Dans le discours qu'il a livré devant quelque 300 membres de l'ADQ, Mario Dumont a vilipendé le chef du Parti québécois, André Boisclair, pour sa mollesse sur la question des accommodements raisonnables. Il est «curieux qu'un successeur de René Lévesque ne soit pas capable de relever le menton pour dire haut et fort que le Québec a le droit d'exister». Le chef adéquiste, qui estime que certains accommodements consentis aux communautés culturelles ne respectent pas les valeurs communes québécoises, notamment l'égalité entre les sexes, s'était fait cinglant à l'endroit de M. Boisclair samedi dans son allocution d'ouverture du congrès. «On ne peut pas défendre l'identité québécoise avec un gruau de mots que personne ne comprend», avait-il lancé.

Mario Dumont a aussi écorché Jean Charest qui est incapable d'agir, selon lui, de crainte de faire des gaffes, incapable aussi de susciter l'espoir qui a déjà animé la société québécoise à l'époque de Robert Bourassa ou du premier gouvernement de René Lévesque. Le Québec traverse «une époque politique terne», a-t-il déploré.

Des propositions «réalisables»

Ayant tiré des leçons de l'élection de 2003, Mario Dumont promet que la plate-forme électorale de son parti sera pragmatique et que les propositions qu'elle contiendra seront «réalisables». Ce sera «néanmoins du changement. On n'est pas pour faire du pareil au même».

Dans la plénière commencée samedi et qui s'est poursuivie hier, les militants adéquistes ont débattu longuement d'une proposition visant à promouvoir la «non-mixité» des écoles pour contrer le décrochage scolaire chez les garçons. Ce débat a tourné rapidement en un combat des sexes dans lequel les hommes intervenaient en faveur de l'abolition de la mixité dans les écoles et les femmes, pour sa conservation. Les adéquistes ont finalement adopté une proposition voulant que l'abandon de la mixité dans certaines écoles ne soit qu'un des moyens envisagés.

En matière d'éducation, les membres de l'ADQ ont voté en faveur de résolutions qui vont à l'encontre de la réforme scolaire instaurée à l'heure actuelle. Ainsi, ils exigent un bulletin «chiffré», qui compare les élèves entre eux plutôt que les évaluations alphabétiques des compétences transversales. Ils préconisent aussi la réintroduction du redoublement en cas d'échec scolaire. À l'égard du réseau de l'éducation, M. Dumont en a appelé à «la fin de l'incompétence transversale».

Pour l'enseignement de l'anglais, les adéquistes préconisent des cours intensifs à la 5e et 6e année du primaire. Ils souhaitent par ailleurs que les diplômés spécialisés — en français, en histoire ou en physique, par exemple — puissent enseigner après l'obtention d'un certificat en pédagogie d'une durée d'un an plutôt qu'on leur impose une formation de quatre ans en pédagogie.

S'il est porté au pouvoir, Mario Dumont promet de tenir une commission d'enquête publique sur la situation dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) à l'exemple de la commission Parent sur l'éducation dans les années 60, «une commission non pas pour trouver trois ou quatre coupables à gauche et à droite, [mais] une réflexion complète de la société».

L'ADQ veut se positionner comme le parti de la famille, et ses militants ont adopté samedi une série de propositions qui confirme cette orientation: allocation compensatoire pour les parents qui n'envoient pas leurs enfants d'âge préscolaire à la garderie à 7 $, allocation de 5000 $ à la naissance d'un troisième enfant ou après son adoption, aide financière pour les traitements de l'infertilité.