Le plan d'action de Landry s'annonce modeste

Québec - Le plan d'action gouvernemental pour les trois prochaines années que s'apprête à dévoiler en grande pompe le premier ministre Bernard Landry mardi ou mercredi prochains sera modeste et ne pourra tabler sur de l'argent neuf compte tenu de l'état précaire des finances publiques.

«Normalement, [le plan d'action sera financé] à l'intérieur des budgets actuels en les réallouant ou en les réorganisant», a confirmé hier la vice-première ministre et ministre d'État à l'Économie, aux Finances et à la Recherche, Pauline Marois.

Selon les informations recueillies par Le Devoir, le plan d'action gouvernemental se caractérisera par sa modestie. Mais on tentera de faire contre mauvaise fortune bon coeur en ciblant des mesures concrètes que les ministères seront appelés à financer à partir de leurs enveloppes actuelles. Plusieurs de ces mesures seront le prolongement d'initiatives déjà en marche. «On ne réinventera pas la roue», assure-t-on.

Le premier ministre Landry compte cependant sur ce plan pour relancer l'action gouvernementale d'ici les prochaines élections générales et montrer que son gouvernement, même en fin de mandat, ne demeure pas inactif. Il a fixé comme objectif le plein emploi d'ici 2005, soit la réduction du taux de chômage de 8 à 5 %, ce qui signifie la création de 210 000 emplois de plus. En santé, le mot d'ordre, c'est l'accessibilité aux soins, avait dit le chef péquiste à l'occasion du conseil national du Parti québécois, en septembre dernier.

Dans l'année en cours, on assistera plutôt à une réduction des budgets de l'État puisque le Conseil du trésor a déjà exigé que tous les ministères s'astreignent à des compressions de 300 millions d'ici la fin de l'année financière, le 31 mars 2003. Pour les cinq mois qui restent, le plan gouvernemental n'entraînera qu'une réallocation mineure de dépenses, qui ne dépassera guère quelques dizaines de millions, a-t-on laissé savoir.

Pour l'an prochain, le gouvernement se concentrera sur des mesures ciblées touchant l'emploi, la lutte contre la pauvreté, la famille et l'éducation.

La santé demeure la grande énigme, même pour le ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux, François Legault. Ce dernier ne sait toujours pas quelles sont les marges de manoeuvre que le ministère des Finances et le Conseil du trésor mettra à sa disposition pour concevoir son propre plan d'action. Aucune date précise n'est d'ailleurs prévue pour le dépôt de ce plan d'action dont on sait toutefois qu'il attendra.

Or c'est en santé que les besoins sont les plus criants mais aussi les plus onéreux pour les finances publiques. Au conseil national du PQ, M. Landry avait promis qu'en 2005, les Québécois auraient accès à un médecin de famille, 24 heures sur 24, 365 jours par année, grâce à la mise sur pied d'un réseau complet de groupes de médecine familiale (GMF). L'implantation à la grandeur du Québec d'un réseau de 300 de ces GMF coûterait d'entrée de jeu quelque 150 millions. Même portrait pour les soins à domicile: la mise en oeuvre de la politique de soins à domicile du ministère, qui dort dans les cartons depuis le printemps dernier, requiert un investissement supplémentaire de 300 millions par année.