Des propos inquiétants, selon Boisclair

Le chef du Parti québécois, André Boisclair, se dit inquiet de la façon dont son vis-à-vis adéquiste, Mario Dumont, aborde la question de l'accommodement raisonnable en ce qui a trait aux minorités.

De passage dans l'est de Montréal, où il prenait part hier matin au Sommet de l'économie sociale et solidaire, M. Boisclair a dit que les propos tenus la veille par M. Dumont ouvrent la porte à la démagogie et aux dérapages.

Dans une entrevue à la Presse canadienne, M. Dumont avait affirmé que les accommodements consentis aux minorités ethniques et religieuses dépassent les limites du bon sens. Il réagissait ainsi à un reportage faisant état de la décision d'un CLSC de Montréal de refuser à des hommes l'accès à des cours prénataux afin de ne pas offusquer des femmes musulmanes, hindoues ou sikhes.

M. Dumont ajoutait que les Québécois font preuve de générosité envers les nouveaux arrivants mais que ceux-ci doivent en échange respecter les valeurs de leur société d'accueil.

«Ce qui m'inquiète, c'est de voir la façon dont M. Dumont semble entreprendre le débat», a dit M. Boisclair hier.

«Je pense que ce qu'il faut faire, plutôt, lorsqu'on est responsable, c'est de rappeler quelles sont les valeurs fondamentales de la société québécoise et de dire qu'il y a des choses pour cette société qui sont non négociables», a-t-il ajouté.

Parmi ces valeurs, M. Boisclair a cité l'égalité des sexes, la capacité d'intégrer les minorités, la volonté de vivre en français ainsi que le respect des droits de chacun.

«Ces valeurs fondamentales, elles doivent être rappelées, et je pense que le gouvernement du Québec doit exercer plus de leadership», a dit le chef de l'opposition.

«Ce que je dénonce, au cours des dernières années, c'est l'affaissement du politique au profit des juges [...], qui tranchent des débats qui devraient être tranchés par les élus du peuple», a-t-il ajouté.