L'ADQ veut encourager les familles nombreuses

Québec — L'ADQ souhaite favoriser un nouveau baby-boom au Québec en versant de l'argent aux femmes qui mettront au monde trois enfants et plus.

L'adoption d'une série de mesures «natalistes» figure en tête de liste des débats qui occuperont les militants de l'Action démocratique du Québec (ADQ) cette fin de semaine à l'occasion du congrès général de la formation à Trois-Rivières.

«Nous voulons un virage famille, un virage enfants», a confié le chef de l'ADQ, Mario Dumont, dans une entrevue accordée hier à la Presse canadienne.

Pour atteindre son objectif, l'ADQ entend se doter d'une politique de natalité dont la principale mesure serait une allocation à la naissance de 5000 $ lors de la venue au monde «d'un troisième enfant et suivants».

L'ADQ mettrait aussi en place des mesures pour «favoriser» l'adoption de «jeunes Québécois» en plus de «soutenir financièrement» les parents ayant recours à l'adoption internationale.

Ne laissant rien au hasard, le parti de Mario Dumont compte même s'attaquer à l'infertilité en offrant des traitements à la charge de l'État aux couples désireux d'avoir des enfants mais qui en sont incapables.

«Les vasectomies, les ligatures des trompes sont payées par la Régie de l'assurance maladie, mais pas l'aide à la fertilité», a fait remarquer le leader adéquiste, déterminé à refiler les frais reliés au traitement de l'infertilité à la RAMQ.

En ce qui concerne l'aide à la famille, l'ADQ a jeté au panier son idée de «bons de garde» avancée lors de la campagne électorale de 2003.

Cette fois, Mario Dumont s'engage à offrir aux familles une allocation «significative» pour chaque enfant de quatre ans et moins si elles ne recourent pas au réseau des garderies subventionnées.

Sur le plan de l'éducation, un gouvernement de l'ADQ tirerait un trait sur la réforme controversée. Les bulletins «chiffrés» seraient réintroduits, tout comme les «redoublements», peu importe l'année scolaire.

«Ce sera musique aux oreilles des enseignants», a prédit M. Dumont.

Par ailleurs, l'Action démocratique encouragera le retour à la «non-mixité» des classes afin de lutter contre le décrochage des garçons, un phénomène que M. Dumont attribue en partie à la féminisation de la profession enseignante.

«Il y a un modèle féminin qui s'est installé à l'école. Le petit gars qui veut bouger et se tirailler un peu n'a pas beaucoup d'espace», a-t-il relaté.

Avec l'arrivée d'un nouveau président en la personne de Gilles Taillon, ancien dirigeant du Conseil du patronat du Québec (CPQ), l'ADQ espère sortir enfin de l'anonymat dans lequel elle est plongée depuis le scrutin de 2003.

L'entrée en scène de M. Taillon «est bon pour le moral des troupes», a reconnu le chef du parti, avouant que les derniers mois «ont été difficiles» pour l'ADQ.