Le Mouvement démocratie-souveraineté est lancé

Environ 125 intellectuels souverainistes ont lancé hier à Montréal le Mouvement démocratie-souveraineté (MDS), un groupe de réflexion sur «l'idée de souveraineté» mais aussi sur «la nécessaire réforme de nos institutions démocratiques». Les participants se sont rassemblés à l'UQAM pendant trois heures hier après-midi. Le MDS devrait se réunir de nouveau le 12 décembre prochain, cette fois dans un restaurant de la ville.

«La souveraineté nous apparaît de plus en plus essentielle, mais il faut renouveler le discours autour de cette idée», explique le juge à la retraite Marc Brière, fondateur du Parti québécois dans les années 1960 et instigateur du nouveau mouvement. «Certains pensent que le Québec est une nation. Je suis de l'avis contraire: c'est plutôt pour réaliser la nation québécoise qu'il faut accéder à la souveraineté. Cette nation demeure incomplète, éclatée, avec un groupe majoritaire de langue française, une minorité anglophone, des groupes autochtones. Il y a lieu de développer entre ces composantes un esprit de nation civique.»

L'ancien juge a fait paraître encore ce week-end dans Le Devoir un Appel aux intellectuels québécois signé par une quarantaine de personnalités, dont Claude Béland, ancien président du Mouvement Desjardins, les ex-ministres Yves Duhaime et Jean-Pierre Charbonneau, sans oublier Yves Michaud, le «robin des banques», les politologues Denis Monière et Guy Lachapelle, les sociologues Jacques Beauchemin et Louise Vandelac.

Ces gens n'ont donc pas déjà suffisamment de moyens pour défendre l'option souverainiste? À quoi bon un club de plus? «Parce qu'il n'y en a jamais trop, répond Marc Brière, interrogé par téléphone, après la première rencontre du MDS. L'idée de souveraineté n'appartient pas à un petit groupe en particulier ni à un parti politique. Nous croyons que les intellectuels ont un rôle primordial à jouer, comme les artistes d'ailleurs, dans la définition du discours politique devant nous conduire à la souveraineté. À ce propos, l'arrivée d'un candidat comme le comédien Pierre Curzi comme candidat du PQ est très rafraîchissante. Il n'a pas du tout le discours politicien que tout le monde est tanné d'entendre.»

M. Curzi n'était pas présent hier. Le sociologue Guy Rocher a prononcé un discours sur la «cohérence» historique et intellectuelle du mouvement nationaliste d'abord canadien-français puis québécois. L'historienne Hélène Pelletier-Baillargeon, elle, a réfléchi sur les moyens d'atteindre les jeunes avec cette vieille idée.

Le Devoir