Conférence de Nairobi - Charest ne se formalise pas du différend avec Ottawa sur Kyoto

Le premier ministre Jean Charest ne voit rien de «divisif» dans le fait que son ministre de l'Environnement se rende à Nairobi pour défendre une position distincte de celle du gouvernement fédéral sur les changements climatiques.

Le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Claude Béchard, se rend effectivement à Nairobi pour expliquer la position du Québec favorable au protocole de Kyoto, alors que son homologue fédérale Rona Ambrose y défendra son plan sur la qualité de l'air.

Interrogé à ce sujet hier, alors qu'il donnait une conférence de presse sur un autre sujet à Montréal, le premier ministre du Québec a dit qu'il n'y a pas lieu de s'offusquer du fait que ce différend se retrouve sur la scène internationale.

«Il est normal que le gouvernement du Québec prenne une position sur Kyoto qui reflète ce que nous voulons pour l'avenir du Québec. Il arrive que les positions québécoises ne soient pas celles d'autres gouvernements au Canada. Quand ça arrive, on ne s'empêche pas et on ne se retient pas d'exprimer nos positions», a soutenu le premier ministre du Québec.

M. Charest s'est ensuite attardé à vanter le plan québécois de réduction des gaz à effet de serre. «On a livré un programme, nous, un plan de réduction des gaz à effet de serre qui a été très bien reçu parce qu'il est rigoureux, réalisable. Et on a l'intention de rester là-dessus. À Nairobi, maintenant, allons débattre du fond de la question», a lancé M. Charest.

À ses côtés, le ministre fédéral Michael Fortier, responsable de la région de Montréal, se disait du même avis que M. Charest. «Je pense que c'est le temps que les gens prennent l'avion et se rendent sur place discuter de la question plutôt que de discuter des discussions.»

Le ministre fédéral ne s'est pas non plus offusqué du fait que ce différend fédéral-provincial se retrouve sur la scène internationale. «Mon gouvernement provincial et le gouvernement fédéral ont un objectif commun mais prennent des sentiers différents pour y parvenir», a-t-il simplement résumé.