Françoise David relève des luttes idéologiques au conseil des ministres

Québec - La dissension au sein du conseil des ministres retarde l'adoption d'un projet de loi améliorant les normes de travail des petits salariés, estime Françoise David, de l'organisme Au bas de l'échelle.

«Visiblement, il y a une lutte de tendances au sein du gouvernement. En juin, elle a éclaté de façon assez claire avec la sortie de M. Facal. Ce gouvernement continue de dire qu'il n'est pas question de rejoindre la pensée de droite de l'Action démocratique, mais en même temps, il y a des discussions vigoureuses au sein du conseil des ministres sur des points qui chatouillent», a déclaré Mme David, hier, après avoir témoigné devant la commission parlementaire qui étudie la réforme de la Loi sur les normes du travail.

Mme David a raconté que le gouvernement devait débattre au début d'octobre, en conseil des ministres, du contenu final de la réforme des normes du travail.

Mais cette discussion n'a toujours pas eu lieu et il ne reste que quelques jours pour le faire, sans quoi il sera trop tard pour que le projet de loi soit présenté, puis adopté avant l'ajournement des travaux parlementaires pour Noël. Au printemps, il risque d'être trop tard puisque les Québécois seront vraisemblablement appelés aux urnes pour des élections générales.

Le groupe Au bas de l'échelle croit que la loi actuelle, vieille de 20 ans, protège mal les 1,8 million de salariés québécois qui ne sont pas syndiqués.

Mme David a rappelé que 60 % des travailleurs québécois ne sont pas syndiqués (72 % dans le secteur privé) et ne peuvent compter que sur la Loi des normes du travail pour se protéger.

De plus, le quart des travailleurs non syndiqués ont un statut précaire. Une tranche de 230 000 travailleurs ne touchent que le salaire minimum.