Affaire Jan Wong - « Regrets » de l'éditeur du Globe and Mail

Les «regrets» exprimés samedi par l'éditeur du Globe and Mail n'ont pas suffi à calmer les ardeurs dans les milieux souverainistes québécois.

En dépit de l'aveu de l'éditeur, Edward Greenspan, du fait que les propos de la journaliste Jan Wong n'auraient pas dû se trouver dans un reportage, mais plutôt sous la rubrique «opinion», la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a décidé de maintenir sa plainte devant le Conseil de presse du Québec. «Nous exigeons de la journaliste et du journal une rétractation de leurs propos faux et diffamatoires, et des excuses sans détour», a argué le président de la SSJB-M, Jean Dorion, dans un communiqué de presse.

Samedi, l'éditeur du Globe and Mail a pris la plume pour exprimer des regrets quant au fait que des commentaires de nature éditoriale se soient retrouvés dans le reportage de la journaliste-vedette Jan Wong.

Il s'est cependant abstenu de se dissocier des propos de Mme Wong ou encore de prononcer des excuses directes aux Québécois qui ont pu en être offensés. Rappelons que Mme Wong avait fait un lien entre les tueries de Dawson, Polytechnique et Concordia et les lois linguistiques québécoises.

L'éditeur du journal estime que la réaction aux propos de Mme Wong a été «disproportionnée». Il a également déploré les attaques personnelles contre Mme Wong et sa famille.

La mise au point de l'éditeur du journal de Toronto n'est pas suffisante aux yeux du chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, qui réclame des excuses. «Si ces propos avaient été écrits dans Le Soleil ou La Presse, on aurait dit, avec raison, que c'est inacceptable», a-t-il fait valoir.

Le président de la SSJB-M estime que le journal anglophone tente de se dérober: «L'éditeur en chef du Globe croit se tirer de cette affaire en exprimant non pas des excuses, mais de simples regrets, pour ce qu'il présente en fin de compte comme une erreur de mise en page», a lancé avec ironie Jean Dorion.

Avec la Presse canadienne