Jan Wong et la tuerie de Dawson - Charest n'attend plus rien du Globe and Mail

Le Globe and Mail manque à ses responsabilités en refusant de condamner les écrits de sa journaliste Jan Wong, estime le premier ministre Jean Charest.

M. Charest a fait part de sa vive déception hier après avoir pris connaissance de la molle réponse offerte par le quotidien torontois au sujet de la controverse soulevée par Mme Wong. «Je suis déçu, et je pense que le Globe and Mail manque à ses responsabilités en refusant de dire clairement que ce que Mme Wong a affirmé est une chose qui est inacceptable. Ils avaient l'occasion de le dire, de l'écrire [...], mais pour tout vous dire, je n'attends plus ça», a dit M. Charest.

Jan Wong a écrit la semaine dernière que la «marginalisation» des immigrants, résultat des «querelles et des lois linguistiques» du Québec, aurait pu mener aux tueries du Collège Dawson, de l'université Concordia et de l'École polytechnique. Elle mettait en exergue le fait que les trois auteurs de ces tueries n'étaient pas des «pure laine» dans une province qui ne répugne pas à parler de pureté raciale.

Dans un geste inhabituel, le premier ministre a écrit à l'éditeur en chef du quotidien torontois, Edward Greenspon, pour dénoncer «cette analyse sectaire» et exiger des excuses. «Le texte de Mme Wong est une disgrâce [sic]. Il témoigne d'une ignorance des valeurs canadiennes et d'une incompréhension profonde du Québec», écrivait M. Charest.

Le lendemain, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, exigeait à son tour des excuses, qualifiant «d'absurde et sans fondement» l'argument de Mme Wong.

Dans son éditorial de jeudi, le Globe a cherché à calmer la tempête... sans pour autant présenter d'excuses. Le texte en question se contentait d'affirmer que Mme Wong avait simplement «posé des questions provocantes» qui ont fait «un petit tapage». Le Globe reconnaissait du bout des lèvres qu'il n'existait aucune preuve pour soutenir la thèse de sa célèbre reporter. «Le Québec d'aujourd'hui n'est pas le Québec d'hier», concluait le texte.

M. Charest ne regrette aucunement sa sortie publique contre le Globe, mais il ne compte pas aller plus loin. «Quand une affaire comme ça se présente, surtout dans les circonstances tragiques du drame du Collège Dawson, on ne pouvait pas laisser passer un commentaire comme celui-là», a-t-il dit.