Curzi continuera de présider l'UdA

Dans une mise en scène sobre, le président de l’Union des artistes, Pierre Curzi, a fait le saut hier en politique comme candidat à l’investiture du Parti québécois dans Borduas. Fervent souverainiste, il a dit ne pas vouloir finir son existence
Photo: Annik MH de Carufel Dans une mise en scène sobre, le président de l’Union des artistes, Pierre Curzi, a fait le saut hier en politique comme candidat à l’investiture du Parti québécois dans Borduas. Fervent souverainiste, il a dit ne pas vouloir finir son existence

Les rumeurs des derniers jours ont forcé le président de l'UdA, Pierre Curzi, à rendre publiques ses intentions politiques. Voyant les limites de l'engagement dans la société civile, l'acteur de 60 ans a dit avoir choisi le vrai pouvoir, le pouvoir politique.

Le président de l'Union des artistes, Pierre Curzi, a confirmé hier qu'il mettait un pied en politique tout en conservant l'autre bien ancré dans les dossiers du syndicat professionnel jusqu'à l'investiture péquiste dans Borduas, l'hiver prochain. Conscient que sa décision de rester assis entre deux chaises pendant quelques mois pourrait créer de la confusion dans les dossiers politiques, il a dit qu'il va «essayer d'exercer le plus grand devoir de réserve possible». «Je vais rester à l'Union mais je vais m'éloigner de tout ce qui pourrait avoir un aspect politique gênant. Je ne voudrais pas desservir l'Union», a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse à Mont-Saint-Hilaire, dans la circonscription de Borduas.

La ministre de la Culture, Line Beauchamp, n'a pas été surprise de la décision de M. Curzi, qui n'a jamais caché son allégeance politique. «Si les membres de l'UdA sont à l'aise avec cette situation et expriment leur confiance, je vais respecter la structure démocratique de l'UdA. Mais ça va demander du fair-play. Il va falloir que ça soit clair pour tout le monde, le chapeau qu'il porte, lorsque nous allons travailler ensemble à la défense d'un même intérêt, soit la défense de la culture et des conditions de vie des artistes», a déclaré la ministre Beauchamp au Devoir.

Dans un communiqué de presse, le Parti vert a remis en question le sens éthique de M. Curzi, «qui semble utiliser les ressources de l'Union des artistes du Québec pour promouvoir sa candidature au Parti québécois».

C'est dans une petite salle de théâtre que l'UdA avait mis en scène le lancement politique de son président. Devant des rideaux noirs, sous un éclairage sobre, M. Curzi a éloquemment exprimé son désir de ne pas passer les dix prochaines années de sa vie active «dans le confort et l'indifférence» — un clin d'oeil au cinéaste Denys Arcand — mais plutôt de s'engager au côté du chef du Parti québécois, André Boisclair.

Mercredi, il a rencontré le conseil d'administration de l'UdA. Il a été convenu qu'il occupera ses fonctions jusqu'à Noël. Par la suite, le vice-président Raymond Legault prendra la relève jusqu'à la fin du mandat de M. Curzi, en mars 2007.

Le même jour, M. Curzi a rencontré les membres de l'association péquiste de Borduas. Le président Pierre Tadros était d'ailleurs à ses côtés hier, abandonnant du coup son intention de briguer les suffrages dans cette circonscription. M. Curzi, qui habite la circonscription, souhaite succéder au député Jean-Pierre Charbonneau, qui a récemment annoncé son départ de la vie politique.

Lors du référendum de 1980, M. Curzi avait milité pour le OUI, tout comme en 1995, alors qu'il s'était joint au mouvement Artistes pour la souveraineté. Hier, M. Curzi a dit qu'un autre référendum est «nécessaire» mais qu'il reste du boulot à faire pour recréer un enthousiasme collectif. «Je ne veux pas finir mon existence sans avoir connu un troisième référendum. Et je veux qu'il soit victorieux», a-t-il affirmé.

LE COURRIER DE LA COLLINE

Chaque jeudi, l'équipe du Devoir à Québec résume l'essentiel de la semaine parlementaire. Retrouvez aussi la note de Michel David, notre chroniqueur politique. Inscrivez-vous, c'est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.