Piscines fermées pour cause d'eau insalubre - Qualité de l'eaudes piscines: Québec sera plus sévère

L’eau des piscines publiques de Laval n’est pas de meilleure qualité que celle de Montréal, selon une enquête du Journal de Montréal.
Photo: Agence Reuters L’eau des piscines publiques de Laval n’est pas de meilleure qualité que celle de Montréal, selon une enquête du Journal de Montréal.

Des analyses en laboratoire effectuées pour le compte du conglomérat composé du Journal de Montréal, de TVA, Canoë et 24 heures ont démontré cette semaine que l'eau d'une majorité des piscines de Montréal et Laval comporte des bactéries et des virus dangereux pour la santé ou des taux de chlore inadéquats. Le ministre de l'Environnement, Claude Béchard, a réagi aujourd'hui.

Devant la tempête médiatique suscitée par l'analyse de la qualité de l'eau des piscines de la région métropolitaine, le ministre de l'Environnement, Claude Béchard, a annoncé hier un resserrement des règles portant sur la surveillance des eaux de baignade.

Les responsables des piscines devront désormais afficher à l'entrée les résultats des analyses de la qualité de l'eau effectuées aux trois heures et une piscine devra être fermée sur-le-champ si on y constate que la qualité de l'eau est déficiente. De plus, Québec rendra obligatoire un test d'analyse bactériologique de l'eau tous les 15 jours.

«Il y a eu des manquements dans le respect des normes. C'est le temps de la fin de la récréation», a déclaré le ministre Béchard en annonçant la nouvelle réglementation qui sera adoptée d'ici un mois pour être en vigueur au printemps prochain. Ces nouvelles normes s'appliqueront autant aux piscines municipales qu'à celles des terrains de camping, des parcs aquatiques et des hôtels.

Québec ne compte cependant pas modifier la nature même de ses normes en matière de qualité de l'eau. «Si les normes étaient appliquées de façon stricte, l'eau serait bonne pour la baignade», a-t-il affirmé. Le gouvernement ne haussera pas non plus le nombre d'inspecteurs sur le terrain. Il s'en remettra plutôt aux autorités municipales et à la vigilance des citoyens, qui auront maintenant accès à l'information sur la qualité de l'eau.

Cette réaction de Québec fait suite à la parution, ces deux derniers jours, des résultats d'une étude sur la qualité de l'eau des piscines de Montréal et de Laval, effectuée par une firme privée pour le compte du conglomérat Journal de Montréal, TVA, LCN, Canoë et 24 heures. On y révélait lundi que les deux tiers des piscines montréalaises affichaient des résultats déficients, voire des niveaux de contamination alarmants. L'administration Tremblay a d'ailleurs ordonné lundi la fermeture de ces piscines d'ici à ce que de nouvelles analyses soient effectuées par ses services, dont les résultats devraient être connus demain.

La situation serait encore pire à Laval, où une quinzaine des 22 piscines ont échoué aux tests sur la qualité de l'eau, du moins au moment d'un des trois prélèvements faits par la firme BioMedco, fin juillet et début août. Comme c'est le cas à Montréal, on retrouve dans les piscines lavalloises un cocktail chimique composé entre autres des bactéries E. coli, C. difficile et legionella.

Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, s'est montré un peu agacé par l'étude hier, déplorant le fait que les résultats ne soient communiqués que cette semaine alors que les piscines de la municipalité sont fermées pour la saison. «Si, dès qu'il avait connu ces résultats, Le Journal de Montréal en avait avisé la Direction de la santé publique ou le maire de Laval, j'aurais fermé les piscines jusqu'à ce qu'on puisse vérifier en profondeur s'il y avait des problèmes. J'aurais apprécié le savoir plus tôt», a-t-il expliqué hier.

Le maire de Laval note par ailleurs que les normes actuellement en vigueur sont différentes des paramètres utilisés par le chercheur dont les services ont été retenus par le groupe de presse. Ces normes ne prévoient pas la recherche de bactéries comme le C. difficile puisqu'on estime généralement dans le milieu scientifique qu'elles sont détruites par le chlore, lorsque le pH de l'eau est adéquat, précise M. Vaillancourt.

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Avec la Presse canadienne

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