Soutien communautaire au logement - Une centaine de groupes rejettent la proposition de Québec

Plus de cent organismes sans but lucratif rejettent le cadre national sur le soutien communautaire en logement social proposé par le ministère de la Santé et des Services sociaux et par la Société d'habitation du Québec, et réclament un financement de 12 millions de dollars.

«Le gouvernement est sur le point d'adopter un cadre national sur le soutien communautaire en logement social qui constitue une menace pour les groupes communautaires qui ont développé ce genre de travail», a déclaré hier le coordonnateur du Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), Pierre Gaudreau, lors d'une conférence de presse à Montréal. Les organismes qui s'opposent au cadre national craignent de perdre leur autonomie dans le choix de locataires et de nouveaux projets de logement social.

Au second rang

«Le cadre dit qu'on devra s'adresser en priorité aux personnes qui sont ciblées par le ministère de la Santé et des Services sociaux. Le problème de logement vient de passer au second rang. Il s'agit plus de répondre aux besoins et aux objectifs de santé que de répondre à des objectifs de stabilité résidentielle», a affirmé Claudine Laurin, directrice générale de la Fédération des OSBL d'habitation de Montréal (FOHM). «Ça va mettre une pression sur un parc immobilier qui présentement ne répond même pas à la demande et qui va être obligé de répondre à l'autre commande qui est celle de la santé, dans un contexte où on ferme 2000 lits en centres d'hébergement et de soins de longue durée à Montréal et où on veut fermer 1500 places en santé mentale», a-t-elle également déclaré.

Le RAPSIM, le FOHM et les organismes nationaux et de diverses régions du Québec qui les appuient déplorent par ailleurs que le cadre national ne soit pas accompagné de fonds supplémentaires. À l'heure actuelle, quelque 600 unités de logements avec soutien communautaire sur 5000 à Montréal bénéficient de financement pour ce service, ont mentionné le RAPSIM et la FOHM.

Le soutien communautaire en logement social se pratique depuis une vingtaine d'années. Il prend la forme d'interventions auprès de locataires qui ont, par exemple, déjà été sans abri, qui ont des problèmes de toxicomanie ou qui sont en légère perte d'autonomie. Il peut s'agir entre autres de discuter avec des locataires, de les aider à lire leur courrier, d'organiser des activités de groupe et de gérer des conflits entre locataires.

Réactions de Québec

Les attachés de presse des ministres Nathalie Normandeau et Margaret F. Delisle ont affirmé que le cadre ne visait pas à réduire l'autonomie des groupes communautaires et ont mentionné que les ministres étaient ouvertes aux commentaires. Interrogée au sujet du rapport entre une réponse à des problèmes de santé d'une part et de logement d'autre part, l'attachée de presse de Margaret F. Delisle, Nathalie Gélinas, a déclaré que l'idée était de «jeter des ponts entre des services offerts à une clientèle commune». L'attaché de presse de Nathalie Normandeau, Jonathan Trudeau, a rappelé qu'à Montréal, une somme récurrente d'un million de dollars était consacrée au soutien communautaire en logement social.