Paradis critique l'inexpérience du personnel politique

Québec — Noyauté par un personnel politique sous-payé, inexpérimenté et incapable de s'imposer devant la machine administrative, le gouvernement Charest n'arrive pas à récolter le fruit de ses efforts, déplore le député libéral Pierre Paradis.

«Les attachés politiques et les chefs de cabinet sont le service à la clientèle d'un gouvernement. Notre produit est bon, notre gestion est correcte, mais nous avons de la misère avec notre service à la clientèle», a dit M. Paradis en entrevue hier à la Presse canadienne.

Le député de Brome-Missisquoi pose ce diagnostic implacable à la lumière des sondages qui, les uns après les autres, révèlent un extraordinaire taux d'insatisfaction à l'égard du gouvernement Charest.

Malgré une légère remontée dans les intentions de vote, le gouvernement libéral demeure en effet mal aimé, avec un taux d'insatisfaction populaire se maintenant à plus de 60 %.

Et ce n'est certainement pas le dossier du mont Orford qui explique ce phénomène chronique, avance celui qui a mis ses collègues du caucus dans l'embarras plus tôt ce printemps en votant contre le projet de loi autorisant la vente des terrains du parc national.

«À l'exception du mont Orford, le bilan du gouvernement est très bon. Le règlement de l'équité salariale, le plan vert, le pacte municipal, ce sont de bons coups», a-t-il fait valoir.

Mais pour espérer tirer profit de ses «bons coups», le gouvernement doit pouvoir compter sur un personnel politique fiable, capable d'attacher les ficelles, de régler les détails et de s'imposer devant la machine administrative. Or ce n'est pas du tout le cas avec l'équipe actuelle, a-t-il soutenu.

«Dans bien des dossiers, les responsables des cabinets ne sont pas considérés comme des gens d'autorité» par les hauts fonctionnaires, a dit le député.

Depuis les élections de 2003, les ministres ont bien peu à offrir à leurs employés et sont souvent contraints d'embaucher du personnel qui ne dispose pas «de l'expérience requise» pour mener les dossiers à bon port, a-t-il souligné.

«Ils [les ministres] ne sont pas capables de recruter au niveau qu'ils devraient recruter. Je n'ai rien contre les jeunes, au contraire, il en faut [...] Je ne dis pas qu'ils sont incompétents, je dis qu'au salaire qu'ils sont payés, ils font ce qu'ils peuvent. Ce sont des missionnaires», a commenté M. Paradis.

Pour illustrer ses dires, l'ancien ministre de l'Environnement sous l'administration de Daniel Johnson fait remarquer que l'enveloppe servant à rémunérer le personnel de ce ministère clé a fondu de moitié en dix ans.

«En 1994, j'avais un budget de 1,2 million. Au moment où Thomas Mulcair a quitté le ministère [27 février 2006], le montant tournait autour de 600 000 $», a-t-il dit.

D'après M. Paradis, cette ponction massive dans la rémunération du personnel politique, qui condamne certains employés à se débrouiller avec un salaire de «20 000 $, 22 000 $ par année», a été décrétée par le premier ministre Jean Charest dès son entrée en fonction.

«C'est une culture qui nous vient d'Ottawa», a-t-il analysé.

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