Le Québec a réduit ses émissions de GES en 2004

Ottawa — Les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Québec ont diminué de 1,3 % en 2004, mais elles demeuraient 6,1 % plus élevées qu'en 1990, indique un rapport fédéral.

Le Québec fait néanmoins partie des rares provinces, avec l'Ontario et Terre-Neuve-et-Labrador, à enregistrer une baisse de ses émissions en 2004.

Le Nouveau-Brunswick présente le pire bilan annuel: ses émissions ont augmenté de 12,4 % en 2004, de sorte qu'elles sont désormais 46,9 % plus élevées qu'en 1990.

La Saskatchewan, dont le secteur pétrolier est en pleine expansion, affiche le pire bilan à long terme: ses émissions ont crû de 4 % en 2004 et surpassaient de 61,7 % celles enregistrées en 1990.

L'Alberta fait aussi mauvaise figure: ses émissions ont monté de 1,9 % en 2004 et dépassaient de 39,4 % le niveau de 1990. Près du tiers de tous les GES produits au Canada proviennent de l'Alberta.

Ces chiffres sont tirés de l'Inventaire canadien des gaz à effet de serre 1990-2004, un document officiel déposé à la conférence des Nations unies sur les changements climatiques, qui s'est terminée hier à Bonn, en Allemagne.

Électricité

La baisse des émissions de GES au Québec est en partie attribuable à une utilisation moins intensive de la centrale thermique de Tracy en 2004, a avancé hier Steven Guilbault, porte-parole de Greenpeace. L'année précédente, les faibles niveaux d'eau dans les réservoirs hydroélectriques avaient forcé Hydro-Québec à utiliser à fond la centrale de Tracy.

La société d'État a confirmé hier qu'elle a eu beaucoup moins recours aux installations de Tracy en 2004 (2355 heures d'utilisation contre 4500 en 2003). En fait, depuis 1990, jamais la centrale n'a été autant utilisé qu'en 2003. En 2005, toutefois, on a fracassé un autre record: Tracy n'a fonctionné que pendant 373 heures, ce qui devrait avoir un impact positif sur le prochain rapport d'émissions de GES.

Les commerces, les institutions, l'enfouissement des déchets, les mines de même que la production d'aluminium et de magnésium ont aussi enregistré une baisse des émissions en 2004.

Par contre, les secteurs manufacturier et du transport, à cause notamment de l'augmentation du nombre de véhicules utilitaires sport, ont produit plus d'émissions de GES en 2004.

«Chaque année, il y a de 50 000 à 100 000 véhicules de plus sur les routes du Québec, fait remarquer Steven Guilbault. Il faut investir massivement dans les transports en commun.»

Dans l'ensemble du pays, les émissions de GES ont crû de 0,6 % en 2004, de sorte qu'elles étaient 26,6 % plus élevées qu'en 1990. C'est l'une des plus faibles augmentations annuelles depuis que de telles données sont compilées.

Mais comme le Canada s'est engagé, en vertu du protocole de Kyoto, à réduire ses émissions de 6 % par rapport au niveau de 1990, les émissions enregistrées en 2004 surpassaient de 35 % cette cible.

Pour 2004, le Canada présente tout de même un meilleur bilan que les États-Unis, qui ont accru leurs émissions de 1,7 %. Or Washington n'a pas ratifié Kyoto.

Plus tôt cette semaine, le premier ministre du Québec, Jean Charest, s'est engagé à respecter les exigences de Kyoto même si le gouvernement de Stephen Harper les a rejetées.

Québec s'attendait à recevoir 328 millions de dollars de l'ancien gouvernement libéral pour mettre en oeuvre le protocole, mais les conservateurs n'ont pas l'intention de suivre cette voie.