Histoire: le PQ réclame un débat public

Le Parti québécois veut une commission parlementaire sur l'enseignement de l'histoire au secondaire. Dans une lettre qu'il a fait parvenir hier matin au président de la commission de l'Éducation, Jacques Chagnon, le critique péquiste en matière d'éducation, Camil Bouchard, demande à la commission «d'étudier plus en profondeur» la question. Il écrit qu'à «la suite des révélations du journal Le Devoir [fin avril], bon nombre d'historiens, d'enseignants, d'observateurs et de citoyens se sont interrogés publiquement à propos des orientations et du contenu du futur programme "Histoire et éducation à la citoyenneté"». Selon M. Bouchard, si l'affaire n'avait pas été rendue publique, «le nouveau programme serait peut-être en voie d'impression malgré de très importantes dérives gommant des pans entiers de notre histoire nationale». Après réunion des membres de la commission la semaine prochaine, M. Chagnon devrait décider s'il accepte ou non la demande de l'opposition.

Toujours dans sa lettre, M. Bouchard fait remarquer que cet épisode a aussi mis en lumière «l'intérêt que porte la population à l'enseignement de l'histoire». En effet, depuis nos articles de la fin d'avril, deux pétitions critiquant le projet de programme du ministère rendu public (et actuellement en révision) circulent. Une première pétition, lancée par une candidate à la maîtrise en histoire à l'UQAM, Julie Guyot, demande un temps d'arrêt complet et avait recueilli 612 signatures vendredi dernier.

Une seconde pétition a été lancée par la coalition «Sauvons notre histoire» (www.sauvonsnotrehistoire.-com), dont la fondation a été annoncée lundi, Journée nationale des Patriotes. Elle est animée par un jeune militant souverainiste de L'Assomption, Nicolas Zorn. Selon lui, «il ne s'agit pas seulement d'un conflit entre souverainistes et fédéralistes, il s'agit purement et simplement de justesse historique et de l'histoire du Québec». C'est lors du lancement de la coalition que le chef du Parti québécois, André Boisclair — qui a dit appuyer la pétition —, avait annoncé que l'opposition demanderait l'institution d'une commission parlementaire sur la question.