Technopole de la santé: centralisée ou éclatée?

La stratégie de déploiement du secteur des sciences de la vie à Montréal à la faveur des projets des centres hospitaliers universitaires continue de créer des tensions sur le front politique. Deux camps et deux visions s'opposent.

D'un côté, on retrouve ceux qui souhaitent qu'une technopole des sciences de la vie se développe à proximité du CHUM et de son pendant anglophone, le CUSM. De l'autre côté, on promeut une «grappe multipolaire» qui intégrerait à la fois les pôles déjà existants et ceux à venir.

Le débat est alimenté par le rapport de la firme de consultants SECOR qui se fait attendre. Commandée dans la plus grande discrétion l'été dernier par l'organisme Montréal International, cette étude conclut, comme le révélait la semaine dernière Le Devoir, qu'il n'y a aucun effet objectif de synergie entre un centre hospitalier universitaire et une technopole de la santé.

Le rapport sera présenté aujourd'hui au Comité de pilotage des sciences de la vie du Montréal métropolitain où tous les partenaires politiques municipaux, provincial et fédéral siègent. Il s'agit d'une des étapes de validation que l'analyse de SECOR doit franchir. Le rapport final était attendu pour janvier dernier. Il ne sera dévoilé publiquement que dans quelques semaines, précise-t-on à Montréal International.

Mais on sait d'ores et déjà que le rapport constate l'étalement déjà existant des activités du secteur des sciences de la vie. Ainsi, 29,5 % des entreprises liées à cette vaste industrie de la région métropolitaine de recensement sont situées à l'extérieur des îles de Montréal et de Laval.

À Montréal, on compte, selon SECOR, six pôles des sciences de la vie, soit un de plus que le nombre recensé par Montréal International. Il y a l'est avec notamment le Centre de biotechnologies Angus, le centre où l'on compte déjà 14,2 % des entreprises, le corridor de l'ouest qui correspond aux villes récemment défusionnées, le Technoparc Saint-Laurent, le campus MacDonald de l'université McGill et le pôle Côte-des-Neiges. Et c'est sans compter les projets en développement, du moins sur papier, dont ceux autour du CHUM et du CUSM ainsi que celui que l'Université de Montréal entend mettre sur pied dans la gare de triage d'Outremont.

Ce rapport officiellement à venir, mais qui est officieusement largement débattu, ne fera pas les choix en lieu et place des politiciens. Mais il faut constater que les politiciens montréalais sont peu loquaces sur la question.