La réingénierie de l'État est devenue bien modeste

Le Musée de la civilisation, tout comme le Musée d’art contemporain et le Musée des beaux-arts, ne sera pas privatisé. Pas dans l’immédiat en tout cas.
Source: Pierre Soulard – Musée de la cilivisation du Québec
Photo: Le Musée de la civilisation, tout comme le Musée d’art contemporain et le Musée des beaux-arts, ne sera pas privatisé. Pas dans l’immédiat en tout cas. Source: Pierre Soulard – Musée de la cilivisation du Québec

La deuxième vague d'examen des organismes d'État a conduit à l'abolition de huit entités obscures. Ce dernier exercice de «réingénierie» a produit de bien modestes résultats, d'autant plus que le gouvernement Charest a rejeté les privatisations et les abolitions les plus significatives que vient de suggérer un groupe de travail. Monique Jérôme-Forget n'a pas sorti sa «tronçonneuse».

Québec — La présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, rejette les principales recommandations portant sur la privatisation ou l'abolition d'organismes d'État et émanant d'un groupe de travail présidé par l'ancien sous-ministre François Geoffrion.

Au cours d'une conférence de presse hier, Mme Jérôme-Forget a dévoilé la deuxième vague d'examen des organismes d'État, qui vise 58 entités alors que la première vague, l'an dernier, avait porté sur 60 organismes. La présidente du Conseil du trésor a aussi fourni la réponse du gouvernement aux recommandations du groupe de travail.

Ainsi, le gouvernement n'a pas l'intention, pour l'heure, de privatiser, sous la forme d'organismes sans but lucratif, les trois grands musées d'État (le Musée d'art contemporain de Montréal, le Musée de la civilisation et le Musée national des beaux-arts du Québec), comme le recommande le rapport. Cette option n'est toutefois pas entièrement écartée. Ce sera à la direction des musées et à la ministre de la Culture et des Communications, Line Beauchamp, de trancher la question, a mentionné la ministre.

Le gouvernement n'a pas non plus l'intention de vendre l'auberge Fort-Prével et certains centres touristiques et campings gérés par la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ) ni de céder au secteur privé l'exploitation du parc de la Chute-Montmorency, de la Station Duchesnay et du Gîte du Mont-Albert. La SEPAQ devra toutefois éviter toutes nouvelles activités touristiques.

Il n'est pas question, comme le recommande le groupe de travail, d'abolir la Commission de la Capitale nationale, le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ), qui emploie 250 personnes, a rappelé Mme Jérôme-Forget, la Société d'habitation du Québec et le Conseil des services essentiels.

De même, l'exploitation des immeubles de la Société immobilière du Québec (SIQ) ne sera pas confiée au secteur privé, une possibilité que le gouvernement a longuement analysée.

Dans les faits, en excluant notamment les organismes touchant les autochtones, il ne reste plus que 18 organismes à examiner pour clore ce grand exercice de «réingénierie» qui aboutit encore cette année à des résultats de faible portée. «Certains d'entre vous auraient probablement souhaité une tronçonneuse, une large tronçonneuse», a dit Mme Jérôme-Forget. «Ceux qui pensaient ça ne me connaissaient pas. J'ai fait ma vie dans la fonction publique.» Il ne fallait donc pas s'attendre à une «démarche que je dirais cavalière», a-t-elle ajouté.

On est très loin de l'ambitieuse «réingénierie» que faisait miroiter le premier ministre Jean Charest au début de son mandat. La présidente du Conseil du trésor a rappelé que la décision de ne pourvoir que la moitié des postes libérés par les employés de l'État qui prennent leur retraite avait tout de même permis à l'État de faire une économie annuelle de 500 millions.

Ce dernier exercice de «réingénierie» se solde par l'abolition de huit organismes obscurs dont les budgets réunis représentent cinq millions de dollars par année. Mais toute cette somme ne sera pas économisée puisque certaines activités et les employés de ces organismes seront intégrés à des ministères. Il s'agit de quelques millions tout au plus, selon le secrétaire du Conseil du trésor, Luc Meunier.