Le PQ est encore dans le rouge

Le Parti québécois entend forcer ses associations de comté à absorber son déficit d'un million de dollars ce qui laisserait plus de 25 d'entre elles sans le sou pour faire de l'action politique en 2006.

Dans une lettre envoyée à l'ensemble des associations, dont Le Devoir a obtenue copie, Pierre Tadros, président péquiste dans la circonscription de Borduas alerte ses collègues devant ce risque «d'étranglement fiscal». Déjà, 43 circonscriptions n'ont pas réussi à amasser au moins 1000 $ en 2005. «Jamais des objectifs n'ont été aussi élevés et ils relèvent d'un optimisme dangereux pour les circonscriptions et le budget national», écrit M. Tadros.

Les difficultés financières du PQ sont en partie liées à la tenue du congrès de juin dernier ainsi que de la course à la direction. Même si la course a permis d'encaisser 300 000 $ grâce à l'adhésion de 60 000 nouveaux membres, elle aurait coûté quelque 600 000 $. La situation sera discutée le 18 mars lors de la prochaine réunion de la conférence nationale des présidents, une nouvelle instance au sein du PQ qui se déroule à huis clos. L'exécutif national y présentera une proposition pour faire face aux difficultés financières du parti.

Pierre Tadros dénonce cette proposition allant jusqu'à la qualifier d'«irresponsable», «irréfléchie» et «décevante» sous plusieurs aspects. Il se désole notamment qu'une équipe locale doive attendre l'année prochaine avant de recevoir des redevances sur les fonds qu'elle aura pourtant amassés. «Cette clause privera les circonscriptions de revenus essentiels pour l'année en cours», écrit-il.

Joint hier, M. Tadros a expliqué qu'il était normal de «discuter avant la réunion». «Ma lette a été envoyée pour éviter les problèmes puisqu'il y a des choses difficiles à débattre», a-t-il affirmé.

Ce dernier est préoccupé entre autres par l'échéance électorale; le remboursement de la dette ne permet pas de constituer un fonds en prévision des élections qui doivent se tenir au plus tard au printemps 2008. La grogne n'est toutefois pas partagée par tous les militants.

«Je n'ai pas l'intention de faire la prochaine campagne électorale avec une carte de crédit. Il faut donc faire un effort supplémentaire. C'est sûr que ça dérange parce qu'il va falloir se serrer la ceinture, mais ça va nous donner l'occasion de faire de l'action politique autrement», croit Nicole Madore, présidente dans Vanier.

Dans Chambly, la présidente Marie-Thérèse Miller se dit prête également à faire montre de solidarité, mais souligne qu'elle aura bien des questions à poser. Martin Gauthier, président de l'association péquiste de Dubuc s'interroge sur certains postes budgétaires qui sont en croissance dans le budget du PQ. «On nous demande une hausse importante de notre part du financement, alors il faudrait peut-être s'assurer que c'est bien mené au national», indique-t-il.

D'autres présidents ont noté que les membres de l'exécutif national oubliaient de procéder à des consultations avant de faire des changements. D'ailleurs, un comité de réflexion sur la question budgétaire est resté lettre morte.

Depuis le scrutin de 2003, le Parti québécois connaît des difficultés financières. En 2004, le PQ avait adopté dans le mécontentement une nouvelle formule de partage des revenus. Cette année, le parti reviendrait à l'ancienne façon de faire, mais le problème s'est accentué.

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2 commentaires
  • FARID KODSI - Inscrit 14 février 2006 13 h 13

    Dans le rouge - il le sera toujours

    Depuis les dernières élections au Québec, le P.Q. a du mal à se remettre de cette lourde défaite qu'il traîne jour après jour et avec l'élection d'un chef homosexuel ayant déjà consommé de la drogue, cela ne lui facilite pas du tout la tâche.

    Je pense que le P.Q. restera dans le rouge encore très longtemps car contrairement aux vieux baby boomers qui ont formé ce parti en revendiquant toutes sortes de programmes sociaux pour profiter des deniers publics et garantir leur vieillesse, la nouvelle génération en a marre des partis socialistes et des programmes sociaux qui ne font que gruger de plus en plus les revenus de la classe moyenne.

  • Claude L'Heureux - Abonné 14 février 2006 14 h 54

    Au rendement

    Si le PQ choisit le salaire correspondant au rendement il faudra que le salaire faramineux du chef Boisclair diminue en conséquence. De $120,000 à $60, 000? J'attend toujours après la fougue de sa jeunesse...