Remaniement ministériel - Raymond Bachand pourrait entrer au cabinet cette semaine

Québec — Les rumeurs allaient bon train, hier, voulant que le premier ministre Jean Charest procède au remaniement de son cabinet dans les jours qui viennent.

Déjà, la dernière réunion du caucus des députés libéraux tenue à Saint-Georges-de-Beauce il y a une semaine était une réunion de «pré-remaniement», pour reprendre l'expression d'un élu libéral. Le Parti libéral du Québec tient son conseil général en fin de semaine à Laval, et Jean Charest pourrait vouloir mettre derrière lui les conjectures sur son prochain remaniement.

Tous s'attendent à ce que Jean Charest fasse une place au Conseil des ministres à Raymond Bachand, le député d'Outremont, en l'envoyant au ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation. C'est un poste fait sur mesure pour M. Bachand, cet ex-conseiller de SECOR qui a été président-directeur général du Fonds de solidarité des travailleurs du Québec (FTQ). «J'ai passé ma vie dans le développement des entreprises», a confié M. Bachand au Devoir il y a quelques semaines.

Est-ce que les responsabilités dévolues à M. Bachand seraient élargies pour s'étendre à un plan de relance pour l'industrie forestière? À l'heure actuelle, l'industrie du bois d'oeuvre et des pâtes et papier se porte mal en raison de la réduction des droits de coupe imposée par le rapport Coulombe, mais aussi à cause des conditions de marché qui lui sont défavorables. Bien des emplois sont en jeu, et la problématique de la gestion de la forêt fait du tort au gouvernement Charest dans les régions. Dans cette dernière ligne droite menant aux prochaines élections, l'action gouvernementale dans ce secteur mérite une attention particulière et même un redressement, aux yeux de certains libéraux.

Il y a certes des députés qui croient que ce remaniement sera restreint, le premier ministre se contentant de faire entrer M. Bachand au cabinet. Mais, pour d'autres, Jean Charest procédera à un remaniement d'une certaine ampleur, écartant ou déplaçant les ministres qui ne lui donnent pas satisfaction. Un remaniement important cadrerait mieux avec le discours inaugural que le premier ministre envisage de livrer ce printemps en cette année pré-électorale.

Il lui faudra d'entrée de jeu trouver une bonne place à Claude Béchard qui doit céder son poste à M. Bachand. M. Charest ne voudra pas nuire au député de Kamouraska-Témiscouata sur le plan électoral. Des rumeurs envoient M. Béchard à la tête d'un nouveau ministre de l'Énergie, une responsabilité confiée pour l'heure au ministre des Ressources naturelles, Pierre Corbeil. En région, le gouvernement Charest veut renforcer son image en matière de développement économique en misant sur le thème de l'énergie, et principalement, sur le secteur éolien.

Les calculs électoraux joueront donc un grand rôle dans l'exercice. Ainsi, la ministre de la Famille, des Aînés et de la Condition féminine, Carole Théberge, est une épine dans le pied du gouvernement, mais l'écarter sans ménagements représente un risque, car la députée de Lévis est jugée précieuse dans la région de Québec.

Les choses ne vont pas rondement entre le gouvernement Charest et la ville de Montréal. Jean Charest regrette peut-être d'avoir nommé la députée de Bonaventure et ex-maire de la petite ville de Maria en Gaspésie, Nathalie Normandeau, ministre des Affaires municipales et des Régions dont les principaux dossiers ont été de donner suite aux défusions sur l'île de Montréal et sur la Rive-Sud de la région de Montréal. Même du personnel de son cabinet s'attend à ce que Mme Normandeau perde ce ministère par trop montréalais.

Le gouvernement Charest n'entretient pas non plus d'excellentes relations avec le monde agricole. La façon de procéder assez cavalière du ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Thomas Mulcair, y serait pour quelque chose. Il faut aussi souligner que le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Yvon Vallières, qui était apprécié par le monde agricole et qui aurait pu faire contrepoids, a dû abandonner ses fonctions pour des raisons de santé, laissant l'intérim à Laurent Lessard. Le ministre en titre est toutefois de retour.

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